PARTAGER

Il  est à noter et à regretter qu’au fur et à mesure que l’heure fatidique approche et le Président sortant de Gambie s’entête et s’obstine à défier aussi bien son peuple que la communauté internationale,  quelques compatriotes de manière inattendue,  inopportune et désinvolte, tentent  de faire bande à part et commencent à divertir nos autorités et notre peuple, pour  nous éloigner des orientations sages et responsables de la communauté internationale.  Ce qui est troublant  dans leurs sorties, c’est qu’ils rejettent systématiquement l’option militaire et ils privilégient disent-ils «la médiation préventive». Ce faisant, ils feignent d’oublier que dans la phase actuelle, c’est ce que du reste la Cedeao et tous les amis de la Gambie sont en train de faire sans aucun résultat perceptible. Alors ils se gardent de dire que faire si cette médiation n’aboutissait pas.
Par contre, en lieu et place, ils développent des idées saugrenues allant jusqu’à suggérer à notre pays de faire profil bas et laisser Jammeh continuer à faire la pluie et le beau temps  en Gambie et dans le sud du pays. Pire, dans leur argumentation, ils  semblent vouloir ouvrir à notre pays une possibilité de se soustraire à un  éventuel mandat de la Cedeao ou de l’Onu, pour un problème aussi grave qui nous concerne au premier chef et dont la solution est stratégiquement sénégalaise.  Bizarrement, il se trouve des «Sénégalais» qui de manière ostentatoire, annoncent qu’ils sont prêts à se mettre au travers d’une option militaire au prix de leur vie et pour les beaux yeux d’un homme qui viole les principes et Droits élémentaires de l’homme, qui piétine la volonté de son peuple et qui nous a toujours indisposés. Dans quel pays sommes-nous ? Quel type de citoyen avons-nous ? Où est la fibre patriotique ? Non, chers nouveaux apôtres de la paix, vos appels du pied ont des allures pernicieuses et défaitistes. Vos arguments contre l’option militaire  si celle-ci devrait être le dernier recours, et selon lesquels, les conséquences se­raient fâcheuses pour la Gambie, le sud du pays, le Sénégal et la sous-région,  sont spécieux et ne tiennent pas la route.
Alors vous semblez oublier  que depuis plus de 30 ans, le Sénégal et sa partie sud n’ont pas connu la paix, victimes d’agressions répétées perpétrées par des forces hébergées, nourries, blanchies et armées par le dictateur de Banjul, que la sous-région était devenue un no man’s land ou un one man’s land, zone de circulation des armes, de culture, de destination et de transit de la drogue où une mafia avait fini d’installer ses quartiers.  Com­bien de Sénégalais civils et militaires sont morts ou disparus ou perdu leurs biens dans la zone, combien de villages, de champs, de rizières, de fermes, d’habitats touristiques, d’écoles,  abandonnés, combien d’hectares de forêts dévastés, de populations forcées à l’exil et plongées dans l’indigence et la misère, pendant trois décennies ? Combien sont-ils des Gambiens ou des Sénégalais morts ou disparus en Gambie dans les geôles, sous la torture. Alors est-ce que le coût négligeable d’un baroud d’honneur insensé d’un mégalomane contre toute la communauté internationale devrait-il être mis en balance avec une telle calamité humaine et environnementale qui n’a que trop duré ? Non chers compatriotes, des intérêts crypto-personnels ou de groupuscules ne doivent pas  primer sur le devenir du pays au point de  nous faire transiger avec notre ennemi numéro un, surtout  quand on sait  que derrière toute cette situation tragique de la sous région, se cachaient les ambitions déraisonnables, pouvoiristes  et hégémonistes, d’un homme pris aujourd’hui dans son propre jeu. En tout cas, le message des femmes du Bolouff a été audible et précis, elles qui ont le plus souffert de cette situation décrite ci- dessus, en demandant à Jammeh de céder le pouvoir dans la paix et à leurs fils dans le maquis de ne pas s’impliquer.
Souhaiter une issue de compromission entre Jammeh et Barrow,  donc le statu quo des relations heurtées avec le Sénégal, relève d’une naïveté politique ou d’une supercherie autour d’intérêts particuliers collatéraux,  liés à la survie de Jammeh et de son régime. Notre gouvernement et le peuple sénégalais avec lui, doivent rester fermes, vigilants et solidaires à toute option indiquée par la communauté internationale. Agir sous mandat, seul ou avec les autres et se faire obligation de remplir le mandat. A mon avis voilà la voie de la sagesse
Des perspectives de paix durable,  de réconciliation, de la cohésion sociale,  en Gambie comme au sein de la Sénégambie constituent le vœu de tout Sénégalais puisque cadrant avec notre génie et notre credo de vie mais de telles perspectives ne sont concevables que dans un environnement où les sources de la division, de la haine sont éliminées et il s’agit bien de Jammeh et de ses affidés.
Walmack NDIAYE
Observateur politique
wandiaye@gmail.com.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here