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Pour la première fois en Gambie, l’ancien Président Yahya Jammeh, en exil en Guinée Equatoriale, est directement attaqué en justice : trois victimes de son remède contre le Sida ont déposé une plainte jeudi 31 mai devant la juridiction civile de la Haute cour de Banjul. Les plaignants séropositifs sont soutenus par l’organisation Aids-free world et l’Institut pour les droits de l’Homme et le développement en Afrique (Ihrda). Ils l’accusent de les avoir forcés à suivre son traitement à base de plantes et de décoctions et estiment que leurs droits ont été violés. Ils exigent désormais des réparations.

Les trois plaignants qui ont attrait en justice l’ex-chef de l’Etat gambien, Yahya Jammeh, font partie des tout premiers «patients» de l’ancien Président. Lorsqu’il a lancé son programme de soins traditionnels en 2007, ces Gambiens ont été enfermés dans un centre et contraints de boire des potions qui les rendaient malades. Aujourd’hui, leur avocate, Combeh Gaye, estime qu’ils ont été abusés par Yahya Jammeh : «Yahya Jammeh est accusé de négligence. Il s’est présenté comme quelqu’un capable de soigner le Sida. Et les plaignants en ont souffert, ils ont été forcés d’abandonner les médicaments que prennent d’habitude les personnes porteuses du virus. Et cela a eu beaucoup de conséquences.»
Il s’agit d’une action devant une juridiction civile, il n’est donc pas question d’extradition ni de peine de prison. Yahya Jammeh aura la possibilité de se faire représenter. S’il refuse, le juge tranchera en son absence. «Les victimes espèrent que la Cour reconnaisse qu’elles sont dans leur droit et leur propose une compensation, sous la forme de réparations financières», explique Oludayo Fagbemi, juriste pour l’Institut des droits de l’Homme et du développement en Afrique qui accompagne les victimes dans leurs démarches. «Les lois gambiennes ont beaucoup de dispositions pour permettre les compensations. Si jamais la Cour tranche en notre faveur, il ne devrait pas y avoir de problèmes pour appliquer la décision.»
Yahya Jammeh est aujourd’hui de plus en plus cerné par la justice : le gouvernement ghanéen examine actuellement une demande d’extradition le concernant pour le massacre de migrants en 2005.
rfi.fr

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