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20 ans après la disparition de El Hadji Abdou Aziz Sy «Dabakh», Diacksao, lieu de retraite spirituelle de El Hadji Maodo Malick Sy, sera le point de ralliement, ce week-end, de milliers de fidèles. Déjà dans la cité religieuse, les préparatifs vont bon train pour la célébration de cette 18e édition du Gamou annuel de Diacksao.

«Dialogue et Paix» : C’est le thème de la 18e édition du Gamou annuel de Diacksao qui sera célébré ce samedi 29 avril 2016. En prélude à cet événement, un point de presse a été organisé par le marabout de Diacksao, Serigne Sidy Ahmed Sy «Dabakh». Une occasion pour le fils de Serigne Abdou Aziz Sy «Dabakh» de revenir sur le thème retenu cette année. Mais d’abord, le religieux se réjouit de «la matérialisation de tous les engagements qui ont été pris par l’Etat». Sans toutefois ne pas manquer d’égrener un chapelet de difficultés auxquelles fait face la cité religieuse. A l’en croire, Fass-Diacksao, depuis sa création en 1904, coïncidant avec la naissance de Dabakh, n’a jamais eu de poste de santé. C’est en 2015 que l’Etat du Sénégal, par le biais du Budget consolidé d’investissement (Bci), avec le maire de la commune de Koul dont dépend Diacksao, dans le département de Tivaouane, a construit un poste de santé équipé qui a été une vieille doléance des populations. Et c’est récemment, en février, qu’un infirmier chef de poste y a été affecté. Toutefois, le marabout s’offusque du fait que «ce poste de santé, bien qu’ouvert, polarise beaucoup de villages environnants». Et pour cette raison, Serigne Sidy Ahmed Sy «Dabakh» dit avoir réitéré lors du Comité régional de développement (Crd) préparatoire du Gamou de Diacksao, organisé à la gouvernance de Thiès la semaine dernière, «la nécessité, non seulement de doter Fass-Diacksao d’une maternité moderne, mais aussi que la dotation annuelle en médicaments pour les besoins du Gamou, qui est de 700 mille F Cfa, soit considérablement revue en hausse pour la prise en charge des populations de cette localité qui sont toutes démunies». L’autre recommandation du marabout de Diacksao, concerne le forage construit en 1984 par Serigne Abdou Aziz Sy «Dabakh», qui avait imposé une condition pour que l’ouvrage hydraulique puisse alimenter tous les villages environnants autour de Diacksao. Ce qui a été fait. Mais, indique le religieux, avec une démographie exponentielle, beaucoup de villages s’alimentant à partir de ce forage, «la demande dépasse largement l’offre, ce qui fait qu’en période de pointe, cela pose de sérieux problèmes». C’est pourquoi «nous avions demandé qu’il y ait, dans le cadre des programmes hydrauliques de l’Etat ou à travers le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), un second forage, non seulement pour ravitailler les populations en eau potable, mais aussi le bétail et surtout les travaux de maraîchage». L’électrification de la localité reste le troisième élément dans le lot des préoccupations des dignitaires de Diacksao. Le village de Fass-Diacksao étant électrifié, Serigne Sidy Ahmed Sy «Dabakh» se dit «choqué par la situation de nombre d’autres villages environnants, comme Gouye-Sagal qui n’ont pas encore de courant». Il espère toutefois que «l’ensemble de ces villages bénéficieront de ces infrastructures de base sous peu». Par ailleurs, le marabout de Diacksao s’est réjoui du fait que tous les engagements pris par le gouvernement aient été matérialisés pour permettre un bon déroulement de la commémoration de l’édition 2017 du  Gamou annuel de Fass-Diaksao, prévue le samedi 29 Avril, sous l’égide du Khalife général des Tidianes, Serigne Abdoul Aziz Sy «Al Amine», sous le thème «Dialogue et paix». Le maître d’œuvre de l’évènement, Serigne Sidy Ahmed Sy «Dabakh», au cours de son traditionnel point de presse, est revenu sur le sens du Gamou. «Une importante manifestation religieuse dédiée au Prophète Mouhammad (Psl) qui sera célébrée avec tous les fidèles du pays. Nous avons rendu visite à tous les chefs religieux du pays pour, non seulement avoir leur bénédiction, mais que des récitals du saint Coran et des prières puissent être formulés pour que la paix, la cohésion et la stabilité sociale règnent dans ce pays.» Dans la même veine, il indique que le «Dialogue et la paix» reste une recommandation divine qui résume les 93 ans vécus par l’artisan du dialogue inter religieux et inter confrérique surnommé : «93 ans zéro faute», l’illustre homme de Dieu, Serigne Abdou Aziz Sy «Dabakh». Le comité d’organisation du Gamou, dirigé par Khalifa Aboubacar Guèye et Abdou Aziz Diop, est pour sa part largement revenu sur l’historique de l’évènement de Diacksao, un sanctuaire de l’islam qui fut fondée en 1904 par El Hadji Maodo Malick Sy. L’édition 2017 du Gamou de Diacksao démarre ce vendredi après la prière par des séances de récital du saint Coran, des prières à la grande mosquée de Fass-Diacksao, sous la houlette de Serigne Maodo Sy «Dabakh», Serigne Sidy Ahmed Sy «Dabakh», Serigne Babacar Sy «Mansour», Papa Mactar Kébé, neveu et ancien bras droit de El Hadji Abdou Aziz Sy «Dabakh» et l’imam de Fass-Diacksao. Des prières pour la paix au Sénégal qui devront précéder le «khadratoul-djouma» du vendredi à Diacksao, avec la participation de plusieurs milliers de fidèles venus des quatre coins du pays et d’ailleurs. Outre le côté religieux de l’évènement, l’aspect social occupe une place importante par la tenue d’une journée de consultations gratuites, avec beaucoup de spécialités. Comme chaque année, plusieurs centaines de patients seront examinés et  recevront gratuitement des médicaments.

Diacksao, un legs de Maodo

Profitant du traditionnel point de presse préparatoire du Gamou, le marabout de Diacksao, Serigne Sidy Ahmed Sy, s’est réjoui de l’engagement du gouvernement,  «qui a fait tout ce qui est humainement possible pour remplir sa part du travail. Nous remercions le président de la République, Macky Sall, pour cette sollicitude. Que Dieu bénisse tous les projets conçus dans l’intérêt exclusif des populations du Sénégal !». Le religieux a rappelé que El Hadji Maodo Malick Sy, fondateur de Diacksao, a fait de ce sanctuaire spirituel un lieu d’éducation au sens large du terme, de pratique pure de l’islam et de travaux champêtres. L’année de l’installation de Maodo à Diacksao, en 1904, aura coïncidé avec la venue au monde du jeune frère de Serigne Babacar Sy, le sage des sages, El Abdou Aziz Sy «Dabakh Malick». Aujourd’hui, «le  seul titre foncier légué à la postérité par Maodo reste Diacksao ; d’où la place capitale accordée à ce lieu par Dabakh, toute sa vie durant sur terre». Il conclut pour dire que «le Gamou ou rassemblement religieux de Diacksao est certes un moment de dévotion et de prières, mais surtout de retrouvailles de toute la famille de Seydi El Hadji Malick et de la Ummah islamique».

nfniang@lequotidien.sn

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