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En sit-in hier, l’intersyndicale, qui regroupe les cheminots de la société Dakar-Bamako ferroviaire (Dbf), a dénoncé la gestion du nouvel Administrateur de la boîte, Kibily Touré. Elle lui demande de respecter les privilèges de droits déjà acquis après plusieurs années de lutte syndicale.

Cinq mois seulement après avoir été nommé à la tête de la société Dakar-Bamako ferroviaire (Dbf), l’Administrateur général de la dite boîte, Kibily Touré, est contesté. Les cheminots dénoncent sa «gestion des salaires» et «la mauvaise politique de communication» au sein de la société ferroviaire. D’emblée, le Secrétaire général du cadre unitaire de l’intersyndicale des travailleurs de Dbf précise : «Le gouvernement du Sénégal, en l’occurrence le Président Macky Sall, a rempli tous ses engagements par rapport aux salaires des cheminots qui sont payés chaque fin de mois même s’il y a des retards qui sont souvent constatés.» Mais, enchaîne le syndicaliste, «c’est la gestion de l’entreprise qui pose problème parce que l’Administrateur qui est en charge de gérer tout cela est lui-même en train de créer des problèmes». Il explique : «Les travailleurs avaient des acquis par rapport aux heures supplémentaires, aux primes de panier, aux indemnités de départ en congés, à la retraite. Mieux il y avait même des cheminots qui devaient recevoir des reversements sur leurs factures d’hospitalisation, parce que depuis lors nous n’avons plus de prise en charge médicale. Donc les cheminots se prennent en charge et en retour on les reverse les 4/5 du montant.» Mais, déplore Mambaye Tounkara, «depuis qu’il est à la tête de l’entreprise, il a arrêté tous les privilèges des cheminots sans aucune explication». Pis, ajoute le Secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de Dbf, «il gère par compte-gouttes et communique avec n’importe qui, des gens qui ne représentent rien alors que nous sommes dans une entreprise avec des structures organisationnelles où il y a des directions et des chefs de service qui sont là». A la question de savoir si le cadre unitaire des cheminots a interpellé le nouvel Administrateur général en personne, il renseigne : «Il nous a dit qu’il a reçu deux chèques de 150 millions de F Cfa les deux mois derniers. Mais c’est lui qui avait dit partout dans la presse qu’en dehors de la subvention de l’Etat, il peut avoir des ressources dans l’entreprise avec la location des baux, les services de Gco… Donc nous pensons que si l’Etat lui donne un montant de 150 millions de F Cfa chaque mois, il peut quand même trouver des solutions pour payer les salaires parce que la masse salariale est en deçà de 200 millions de F Cfa.» Le cheminot, qui n’a pas manquer de s’offusquer des derniers propos tenus par l’Administrateur qui soutenait que «les cheminots sont payés à ne rien faire», signale qu’«une partie de l’entreprise est en activité jusqu’à présent. Nous gérons les mouvements de train entre Dakar et Thiès. Donc les chefs de sécurité et les agents de gare font des roulements. Et en dehors de ces roulements, ils ont parfois des excès d’heures qu’il faut compenser. Aussi ils ont des primes de panier. De même que des cheminots qui partent en congés ont droit à des indemnités». Pour dire, selon le syndicaliste, «il faut reconnaître que ce que les travailleurs réclament sont des éléments du droit. Mais si l’Administrateur n’a pas les moyens de les payer, il n’a que le mettre sur la table de négociations pour voir comment trouver une solution à cela».
En attendant les cheminots de Dbf comptent, disent-ils, utiliser toutes les formes syndicales pour faire valoir leurs droits. Au-delà, le Secrétaire général du cadre unitaire des syndicats de Dbf, Mambaye Tounkara, a exprimé toutes les inquiétudes des cheminots par rapport à la gestion de la phase transitoire. «Ce sont les deux Etats qui s’étaient engagés à accompagner la transition mais aujourd’hui nous avons senti que l’engagement du Sénégal n’est pas celui du Mali. Il y a un protocole de gestion qui est actuellement de leur côté, il y a même un problème par rapport à leur société de patrimoine et la gestion de la transition. Nous pensons que l’Etat du Sénégal doit au moins nous clarifier par rapport à cela. Si le président de la République, dans sa déclaration, dit que la reprise de Dbf est imminente, il faut clarifier ces choses-là», insiste M. Tounkara. Par conséquent, il demande aux autorités de convoquer «une rencontre ferroviaire pour voir si les Maliens ne sont pas dans les mêmes dispositions que nous, qu’on puisse trouver une solution pour gérer notre chemin de fer interne».
nfniang@lequotidien.sn

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