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Au moment où l’Etat travaille à faire appliquer la loi relative à la prévention et la réduction de l’incidence sur l’environnement des produits plastiques, le ministre-maire de Notto Diobass, lui, ambitionne de faire de sa collectivité locale une «référence» dans la salubrité et la transformation des déchets plastiques. Un besoin qu’il a étalé hier, au cours d’une tournée économique qui l’a conduit au niveau des installations de la société industrielle spécialisée dans la collecte et le recyclage des déchets plastiques (Proplast). Selon le ministre du Tourisme et des trans­ports aériens, «le vrai entreprenariat c’est de transformer le déchet en valeur ajoutée». Et à son avis l’entreprise implantée à Gueyene, un village de la commune de Notto Diobass, de par les produits qu’elle fabrique, «concourt à assainir l’environnement dans lequel nous vivons». Egalement, de remarquer qu’elle «contribue à développer des produits dont nous avons besoin pour la salubrité des communes et des villes du Sénégal, puisque ce sont des produits de base qui sont transformés pour être des poubelles, des sceaux ou des ustensiles. Lesquels produits sont vendus sur le marché national mais également exportés sur celui extérieur». Pour dire, selon l’édile du Diobass, «nous allons avoir l’opportunité d’héberger dans la commune une entreprise qui exporte sur les marchés extérieurs». Et de rassurer que la commune va «soutenir et accompagner» le promoteur du projet, Macoumba Diagne. Lequel accompagnement, poursuit-t-il, «avait besoin d’abord de l’accord et du soutien des populations de Gueyene pour accueillir une telle entreprise». Parce que, à l’en croire, «il était bon, au-delà de l’étude d’impact environnemental, de consulter les populations et de les sensibiliser» car, dit-il, «tout n’est pas texte, il faut aussi que les populations se sentent sécurisées et c’est cela l’avantage de l’entreprise». Et de poursuivre : «Après ce travail nous allons accompagner le promoteur qui a prévu d’employer 500 personnes. La commune sera son partenaire pour que nous puissions identifier des jeunes et des femmes de Gueyene et des villages environnants, pour faire un plan de formation et, justement, anticiper et fournir de la main d’œuvre de qualité pour avoir des produits de qualité.» Aussi, il a salué l’implantation de l’usine à Diobass, «au moment où on parle de Cleaning day, une campagne nationale pour lutter contre l’insalubrité dans nos communes et villes». Dans ce cadre, il annonce un projet d’installation, dans toutes les maisons de la commune, de poubelles afin que l’objectif du Proplast, qui est de valoriser le plastique dans une logique d’économie circulaire, soit d’abord appliqué à Notto Diobass. Pour leur part, les femmes et les jeunes de Gueyene ont salué «l’implantation du projet dans notre village», où déjà l’entreprise qui est en phase de chantier emploie une cinquantaine de personnes.

Lancement de la «Calebasse du progrès»
Auparavant le ministre-maire de Notto Diobass a lancé le programme économique dénommé «Calebasse du Progrès». Ce programme accompagne les organisations communautaires de base, notamment les groupements féminins, et est en quelque sorte un «appui aux groupements de femmes», aux «femmes de manière générale de la commune de Notto organisées en Gie mais qui manquent souvent de moyens, pour vraiment financer leurs activités». Un outil donc qui vient, explique Ismaïla Ndione, «renforcer l’existant, déjà organisé souvent en ‘’Calebasse’’ ou par le biais des associations villageoises d’épargne et de crédit ‘’Avec’’. Un outil venu compléter tout le dispositif pour accompagner l’éducation des enfants, renforcer l’épargne des femmes, mais aussi faire en sorte que ces femmes puissent jouer leur partition dans le développement économique local». L’outil, remarque le Conseilleur départemental et proche collaborateur de l’édile de Notto Diobass, «vise principalement à cela», mais aussi devra permettre, dit-il, de «raffermir les liens entre femmes, de renforcer les liens de solidarité». Ce d’autant qu’avec ces «Calebasses du Progrès», note le responsable politique de l’Afp, «les femmes bénéficiaires pourront être enrôlées dans la Couverture maladie universelle (Cmu), ce qui pourrait entrainer la réduction des coûts liés aux soins de santé». En un mot, dit-il, «ça va permettre d’assister, d’accompagner les familles de manière générale, et c’est là tout le sens dudit programme économique». Et de souligner : «C’est un fonds d’impulsion pour accompagner toutes les ‘’Initiatives femmes’’. Les bénéficiaires se sont pour le moment constituées en groupes de 50 membres, par quartier ou à l’échelle du village, en fonction de la taille de la localité intéressée. Aujourd’hui nous démarrons avec des montants de 50 mille francs Cfa. Parce que de l’expérience que nous avons des femmes, ces dernières ont souvent démarré ailleurs avec des sommes de moins de 10 mille francs Cfa, et aujourd’hui le maire a pensé devoir les accompagner à monter en puissance.» Une «révolution» qui, à en croire M. Ndione, «motive en quelque sorte cette enveloppe qui sera juste un appui pour le début», mais, précise-t-il, «ce sera sous forme de revolving, parce que ces femmes, après avoir fait leurs achats en marchandises ou déroulé leurs activités, devront maintenant continuer à renforcer le fonds», ce qui, pense-t-il, «fera que l’outil sera pérenne», et «le maire aussi va, en fonction des besoins, renforcer l’enveloppe destinée à ce fonds», a-t-il promis.

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