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L’âge de la retraite fixé à 60 ans n’est pas de tout repos ni pour le travailleur ni pour l’employeur. Il est source de divergences au niveau des entreprises concernant les emplois jugés pénibles. Certains travailleurs refusent d’aller à la retraite à moins de 60 ans, même si c’est pour leur santé physique et morale. Ce qui entraîne des contentieux judiciaires et réglementaires entre les deux parties concernées à cause des modalités prises en compte dans l’application des réformes. C’est pourquoi l’urgence est pour le patronat de traiter la question des métiers pénibles et ses impacts médico-sociaux aussi bien pour l’employé que pour l’entreprise. Afin de mettre fin à ces nombreux contentieux judiciaires et réglementaires opposant em­ployeurs et travailleurs. Le président du Conseil national du patronat (Cnp), Baïdy Agne, plaide pour «qu’on reformalise à l’Ipres l’âge de départ, mais cela doit aussi tenir compte des métiers que nous avions dits pénibles à l’époque comme celui d’un docker et son âge doit rester à 55 ou 56 ans». Mais selon lui, les  administrateurs, em­ployeurs à l’Ipres, ont manqué de vigilance en acceptant de modifier le statut de l’Ipres sans que la question de l’emploi pénible ne fasse l’objet d’un traitement consensuel. En effet, le patronat avait dit «oui» en 2005 au départ à la retraite à 60 ans, mais avec des réserves. C’est-à-dire que les entreprises avaient dit «non» à la retraite à 60 ans pour les postes de travail, les métiers  pénibles où l’employé est exposé à des contraintes physiques telles que la manutention des charges, les vibrations mécaniques, à un environnement physique et agressif tel que les produits chimiques dangereux, entre autres.
Si le travail renforce la dignité humaine, permet l’égalité des chances, il peut être «source de souffrances physiques et psy­chologiques» qui peuvent laisser des traces durables, identifiables et irréversibles pour la santé du travailleur. Ce qui fait dire à Baïdy Agne qu’un salarié qui a été durablement exposé au risque professionnel ne peut pas rallonger de 55 à 60 ans sa période d’activité professionnelle à l’instar des autres salariés. Ce serait une injustice dans le traitement de la pénibilité au travail.
Abondant dans le même sens, le ministre du Travail et du dialogue social, Mansour Sy, pense que ces contentieux sont un défi pour la productivité des entreprises et celui de la santé et de la sécurité au travail, dont il faut voir les combinaisons les plus optimales. Pour favoriser la croissance et la compétitivité durable de l’économie en assurant la meilleure protection et le bien-être du salarié.

Absence de définition de la notion de pénibilité
A cet effet, au cours de la rencontre, Papa Cheikh Seck, directeur des Prestations à l’Ipres, a expliqué la raison pour laquelle il y a des contentieux et des incompréhensions sur le travail pénible. En effet, selon lui, s’il y a autant d’écueils sur l’application de la réforme, c’est parce qu’il y a une absence de définition de la notion de pénibilité dans les textes de réforme et aussi l’absence de prise en charge dans les textes réformés sans oublier la non prise en compte du cas des travailleurs ayant perdu leur emploi avant la réforme. Alors que Dr Marème Babylas Ndiaye a circonscrit les impacts médicaux sociaux de la pénibilité du travail en milieu professionnel pour les travailleurs qui ne veulent pas aller à la retraite avant 60 ans. A l’en croire,  ils ne peuvent pas continuer à exercer leur travail au-delà de 55 ans, car au cours des heures de travail, ils adoptent des postures pénibles, sont exposés à trop de bruit comme les soudeurs miniers, font un travail répétitif, ce qui détériore leur santé au fil du temps. A ces travailleurs, la retraite à 60 ans serait un risque. Donc, il urge pour le leader du Cnp que les départs se fassent de manière à ce que cela arrange les deux parties et qu’ils soient conformes à la réglementation actuelle. Même s’il reconnaît que si les gens ne veulent pas aller à la retraite, c’est parce que les pensions sont dérisoires. «C’est ce manque d’enthousiasme qui fait que les travailleurs s’exposent eux-mêmes à des souffrances physiques et psychologiques», a-t-il regretté.
msfaye@lequotidien.sn

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