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Maintenir la viabilité des finances publiques et de la dette, c’est la recommandation faite par la mission du Fonds monétaire international (Fmi) qui vient de séjourner à Dakar. Lors d’une conférence de presse hier, la cheffe de cette mission, Corinne Deléchat, a fait état de perspectives économiques à moyen terme favorables avec un taux de croissance de 7% attendu en 2020-2021.

Abdoulaye Daouda Diallo, ministre des Finances.

L’une des recommandations formulées par la mission du Fonds monétaire international (Fmi) qui a séjourné à Dakar du 12 au 23 septembre, est de «maintenir la viabilité des finances publiques et de la dette». Lors d’une conférence de presse tenue hier, Mme Corinne Deléchat qui a dirigé cette mission, a informé que les services du Fmi ont conclu un accord de principe avec le Sénégal au titre de l’Instrument de coordination des politiques économiques (Icpe) d’une durée de trois ans. Selon Mme Deléchat, un des principes de ce programme «est de s’assurer qu’on n’accumule pas de nouvelles obligations durant une année».
D’après la cheffe de mission du Fmi, c’est aussi «le règlement des montants qui sont restés impayés au niveau de la compensation tarifaire liée aux obligations». D’après cette institution, «le cadre budgétaire de 2019 comprend une opération ponctuelle visant à régler les obligations impayées vis-à-vis de la compagnie nationale d’électricité, Sene­lec». Dans sa déclaration, Corine Déléchat a souligné «que des mesures à court terme ont été déployées afin d’accroitre le rythme de recouvrement des recettes et d’atteindre les objectifs de la loi de finances rectificative de juillet 2019». Parlant de la Lfr 2 pour 2019, elle a fait savoir que son rôle «est de prendre en compte les obligations impayées mais qui n’étaient pas couvertes budgétairement avant». Ce qui d’après elle, «est une excellente démarche». Parce qu’il s’agit «d’avoir une sincérité du budget et de faire un réaménagement du budget pour ne plus avoir d’impayés en 2019».
Expliquant cette démarche, la représentante du Fmi soutient que «c’est pour avoir toutes les obligations du gouvernement couvertes en 2019». Sur ce point, elle informe qu’un «inventaire des obligations résultant des années précédentes» a été fait. Et ces obligations, renseigne-t-elle, seront apurées «dans la Lfi 2020-2021 essentiellement». Poursui­vant ses propos, elle a ajouté que «la politique budgétaire visera à maintenir la viabilité des finances publiques et la soutenabilité de la dette à moyen terme». En outre, la cheffe de mission a indiqué que «le respect des objectifs communautaires avec un déficit budgétaire de 3% du Pib et un taux de pression fiscale représentant au minimum de 20% du Pib sont conformes aux objectifs de l’Icpe».
Revenant sur ce nouveau programme, Mme Deléchat a souligné qu’il a pour principe «de repartir sur de nouvelles bases d’une gestion des finances saine». Cela en prenant en compte et en mettant à plat «les obligations qui étaient précédemment impayées». Parlant l’Icpe, la représentante du Fmi renseigne que c’est «un instrument introduit par le Fmi en 2017 pour soutenir les pays qui peuvent bénéficier de l’accompagnement de l’institution» dans le cadre d’un programme, mais qui n’ont toutefois pas besoin de son soutien financier. Le Sénégal a pendant longtemps bénéficié de l’appui du Fonds à travers l’Ispe. Ce nouveau programme ainsi entamé doit indiquer que le pays a encore renforcé sa crédibilité auprès des institutions multilatérales.

«Réduire le train de vie de l’État»
Lors de cette rencontre avec la presse, la représentante du Fmi a fait savoir que les perspectives économiques à moyen terme restent favorables, avec une croissance économique qui devrait passer de 6% en 2019 à 7% en 2020-2021. Celle-ci doit être tirée par l’investissement privé, avant de connaitre un nouvel élan avec le début de la production commerciale des hydrocarbures en 2022. Parlant du secteur privé, Mme Deléchat a recommandé des actions concrètes pour encadrer et favoriser son développement. Elle a également encouragé l’accès aux financements des Pme.
Au chapitre de la rationalisation des dépenses, le Fmi préconise, «en ce qui concerne le prix du carburant, d’inscrire les montants dus aux subventions dans le budget ou alors d’ajuster les prix pour éviter la situation où on accumule les impayés». Selon elle, il faut également s’assurer «que les prix soient de manière à éviter les besoins de subvention». Par ailleurs, Mme Deléchat a fait savoir que «c’est important pour le gouvernement de faire des efforts pour réduire son train de vie pour dégager de l’espace pour ses dépenses sociales et d’investissements».

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