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Cette vague d’inondations qui est en train de noyer certaines villes et quartiers de notre pays a fait ressortir les anomalies et autres incongruités dans la gestion de cette crise.
Dans un premier temps, la déclaration du président de la République via Twitter manque de tout, notamment de l’essentiel, c’est-à-dire la compassion. Ce message qui avait pour but de témoigner de la solidarité du Président envers tous ces compatriotes sinistrés, dans le désarroi total, est d’une banalité et d’une calamité incompréhensible. Ce message est loin d’être à la hauteur des circonstances et du contexte. Un simple message laconique pour atténuer une douleur si profonde.
Déjà, le canal par lequel ce message a été passé montre que le président de la République ne sait plus communiquer et parler à son Peuple. Monsieur le Président Macky Sall ne veut pas ou ne sais pas parler au Peuple sénégalais. Sinon, comment comprendre que dans un pays où une écrasante majorité de sa population est analphabète et ne parle pas la langue officielle, les dirigeants choisissent toujours une langue «inaccessible» et une voie de transmission (réseaux sociaux) inappropriée pour s’adresser à leur Peuple ? Qu’est-ce qui empêche Macky Sall de s’adresser aux Sénégalais en langue nationale ?
Macky Sall aurait-il peur de son Peuple au point de ne jamais savoir lui parler ? Aurait-il peur de rendre compte de l’usage des centaines de milliards engloutis dans la lutte contre les inondations ? Et pourtant, faut bien prévoir cet exercice normal dans une démocratie.
D’autre part, les éléments de langage servis par les tenants du pouvoir pour expliquer les inondations prouvent à suffisance leur incompétence et leur incapacité à gérer une telle situation. Il y a même du mépris dans les propos. Comment peut-on servir le motif du changement climatique (uniquement) pour justifier le fait que les populations se noient dans les eaux de pluie et que des maisons entières s’effondrent. Le changement climatique est-il une fatalité ? Un gouvernement responsable et compétent n’aurait pas fait mieux d’élaborer et de mettre en place des politiques publiques qui répondent au défi du changement climatique au lieu de nager dans la fatalité et la facilité ?
La réponse à ces différentes questions est simple. Le Président est en train de perdre la main. Il subit déjà les méfaits de l’usure du pouvoir et de l’isolement dans lequel il s’est plongé depuis d’ailleurs le début de la crise sanitaire du coronavirus.

La parole du président de la République se banalise
Macky Sall a fait le choix (politicien) de supprimer le poste de Premier ministre. Il n’a plus ce fusible qu’il pouvait envoyer au charbon. Il a voulu promouvoir l’hyperprésidence. Il s’est construit une bulle d’hyper isolé et inaudible. Il ne semble plus être en capacité de prendre du recul, le temps d’analyse et la froideur nécessaire d’un dirigeant pour trancher et décider.
En ces moments de crise multidimensionnelle qui met à l’épreuve tous les gouvernements du monde, il n’est point envisageable pour le Sénégal de se retrouver avec un roi fainéant, encore moins avec un lion dormant.
Monsieur le Président, «quand on ne peut pas atteindre la perfection, il faut au moins atténuer le mal». Le mal dont souffre notre Peuple est très profond. Et fuir ses complaintes et son regard face à ce mal c’est faire preuve de manque d’audace et de courage.
En politique, il faut avoir de l’audace pour rendre possible ce qui est nécessaire. Un mieux-être est une nécessité pour la survie de notre Peuple.
Monsieur le président de la République, à vous de jouer…, pour reprendre la main.

Pape Bocar DIALLO – Diplômé en Droit et Science Politique
Spécialisé en Conduite et Evaluation des Politiques Publiques – bdiallob@gmail.com

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