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«Tout au début, on n’avait pas un protocole. Il y a toujours des différences qui font que dans chaque pays, les gens, de par leurs expériences, prennent les patients tels qu’on les voit et tels que les symptômes se présentent. Le Covid-19 d’emblée, nous nous sommes dit qu’il n’y a pas de traitement. Mais dès l’admission du patient, qu’on puisse voir de plus près les différents signes que le patient présente. C’est comme cela que nous avons essayé de prendre en charge les patients. Un patient qui vient, on le regarde, on l’ausculte, tout ce qui est nécessaire du domaine médical et on prend tous les symptômes que le patients pouvait présenter avant de rentrer. Au début, tous les patients qui venaient c’est comme cela qu’on les suivait de près. Et à chaque fois qu’ils présentaient des signes, on était là pour pouvoir prendre en charge ce patient selon les symptômes qu’il présentait. Après une semaine, on se réunit en staff, les gens discutent pour voir est-ce qu’il ne faudrait pas prendre en compte le protocole. Ce qui nous a amené à prendre ce protocole. Mais au départ, pour nos premiers patients, les cinq ou six premiers, on était en observation. On les suivait de près et puis on essayait de mettre le traitement symptomatique en fonction des signes. Et pourtant, cela réussissait. C’est vrai qu’on n’avait pas un cas grave. Mais quand on parle de cas grave, nous en tant qu’acteurs de la santé, c’est à partir des signes qui nous le montrent.
Par exemple, un patient peut se présenter avec une déficience respiratoire et d’autres signes qui pourraient peut-être nous laisser plus de vigilance de telle sorte que ce patient nous le considérons comme cas à observer de près. C’est ce qui nous a poussés à prendre au fur et à mesure, lors des staffs, des décisions qui ont porté des fruits.
Très sincèrement, on a tous les moyens quelque part en surnombre parce que, après Ebola, nous avons gardé beaucoup de matériels dans le service pour attendre d’autres épidémies qui pourraient survenir. Nous avions un stock, mais en dehors de ce stock, il y a le Cous qui était en appoint à chaque fois qu’on fait un bon de commande. Dans l’organisation, ce sont des équipes qui roulent et quand elles viennent faire les prélèvements, elles font le traitement des patients par la méthode de la donation directe observée. On veut qu’à chaque fois qu’on sera face à ce patient, on lui donne, on attend de voir nous-mêmes si le patient a pris, et puis les «compte-sang» sont pris, on les envoie par un système qui nous permettrait de les avoir dehors par le biais d’un appareil qu’on a mis à l’intérieur qui permet de recevoir toutes les données des patients pour nous permettre de voir de plus près comment cela se passe. Même à distance à la maison, on a mis un réseau qui nous permettrait de suivre à distance ou de près toutes les données du patient. Le matin de très bonne heure, ce que je vois, les «compte-sang» des patients pris pas des infirmiers. On voit les réactions. Quand on constate des réactions, les médecins de garde projettent ce que le patient a au niveau du réseau, ce qui nous permettra d’aller voir tel ou tel patient.

Nous sommes obligés de prendre des mesures d’hygiène. Par exemple à l’intérieur, nous avons mis tout le dispositif nécessaire pour nous permettre de ne pas sortir à chaque fois. On prend les produits désinfectants pour nettoyer les locaux, les surfaces. En dehors de cela, les agents du Bio-nettoiement rentrent pour nettoyer toutes les surfaces des chambres. C’est comme cela que nous faisons.
La seule solution à cette pandémie c’est que les populations respectent les consignes parce que dans la durée, moi ou quelqu’un d’autre risquons de s’épuiser. Les gens peuvent s’épuiser. Il est vrai que nous sommes là, nous avons l’obligation d’être là chaque jour. Tout au début, presque chaque jour, j’étais là pendant un mois, les autres aussi. Mais à un certain moment, on est épuisé physiquement, mais on ne peut pas rester chez nous.»

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