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Amadou Yéri Camara, secretaire general du Sames.

Pour le Sames, le relâchement général dans le respect des mesures préventives contre le Covid-19 est la conséquence de la «cacophonie» dans les décisions du gouvernement. Pour financer la santé et l’éducation, ces blouses blanches appellent à la suppression du Cese et du Hcct, des institutions à «l’utilité douteuse».

Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) dresse son bilan des 3 mois de gestion du Covid-19 par le gouvernement. Ces professionnels de la santé chargent l’Etat dans le relâchement constaté depuis quelque temps au sein des populations concernant le respect des mesures préventives contre le Coronavirus. «(…) Si le Sames comprend la nécessité de faire reprendre les activités économiques brandie par l’Etat, la cacophonie des décisions prises par l’Etat a conduit à la banalisation de la maladie par la population et le message subconscient : «L’Etat est passé à autre chose.» Ainsi, le relâchement constaté dans la population est global y compris au sein des Forces de défense et de sécurité chargées d’appliquer les mesures de port obligatoire du masque dans les lieux publics et dans les transports», constate le Bureau exécutif national du Sames dans un communiqué.
Le Sames appelle l’Etat à se «ressaisir et suivre les indications du Comité national de gestion des épidémies». Aujour­d’hui, ajoutent ces syndicalistes, «il est nécessaire de faire comprendre et appliquer les mesures de port obligatoire du masque dans les lieux publics et mettre assez de ressources pour assurer correctement les missions de terrain des districts».
Par ailleurs, le Sames s’en prend à l’Etat sur les conditions de travail des agents de santé. «En communiquant à outrance sur les 1000 milliards du Plan de résilience économique que le secteur de la santé n’a pas vu, l’Etat a fait penser à une partie de la population que les agents de santé étaient rétribués en échange d’hospitalisations de malades du Covid-19. C’est pourquoi nous tenons à informer la population qu’aucun agent de santé n’a reçu de l’argent en échange d’une hospitalisation de malade. D’ailleurs, les équipes d’investigation manquent cruellement d’appui et les comités de développement sanitaires supportent la quasi-totalité des charges», clarifient les syndicalistes.

«Nominations clientélistes» au ministère de la Santé
Le Sames exige le respect et la sécurité des agents de santé et «va demander purement et simplement l’arrêt des missions de prélèvement sur le terrain si l’Etat ne prend pas ses responsabilités pour la protection des agents». Il ajoute : «Les agents de santé sont laissés à eux-mêmes ! Nos patients diabétiques, hypertendus, cancéreux et nos aînés succombent de plus en plus et de jour en jour, et bientôt la barre des 100 décès sera franchie.» Les blouses blanches se demandent si le contexte n’est pas propice de supprimer le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) et le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Des institutions à «l’utilité douteuse» dont les ressources doivent être consacrées, selon le Sames, aux «véritables priorités sanitaires et éducatives».
En outre, le Sames accuse le ministère de la Santé et de l’action sociale, de profiter de la crise du Covid-19 pour procéder à plusieurs nominations à des postes de responsabilité «sans respecter les règles de compétition acquises depuis plusieurs années». Le syndicat rappelle que la santé est «éminemment technique». De ce fait, le Sames «n’acceptera aucune nomination clientéliste de novices sans expérience qui vont mettre en péril les programmes de santé».

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