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Avec des documents à l’appui, des conseillers municipaux de la commune de Patte d’Oie accusent leur maire Banda Diop de vouloir détourner à d’autres fins les 118 millions de francs Cfa, qui devraient servir à soutenir les populations de cette commune en cette période de Covid-19. Une accusation démentie par le maire Banda Diop lui-même.

Le maire de la Patte d’Oie fait l’objet de vives critiques de la part de certains conseillers municipaux. Parmi eux, Karim Sy qui reproche à Banda Diop, son «manque d’implication» pour venir en aide aux populations dans ce contexte marqué par la survenue du Covid-19. «Depuis l’introduction du Covid-19 au Sénégal, les Collectivités territoriales essayent d’organiser la riposte. Tel n’est pas le cas dans la commune de Patte d’Oie. Le maire n’a envisagé aucune action», s’indigne notre interlocuteur, qui dit avoir interpellé, depuis le dimanche 22 mars à travers un message, les conseillers municipaux en ces termes : «L’heure est grave. Le peuple sénégalais est inquiet et nous n’avons pas senti notre implication en tant que collectivité territoriale». Selon lui, «ce message avait heurté la conscience des conseillers municipaux, qui avaient obligé le maire Banda Diop à convoquer une réunion du Conseil municipal, contre sa volonté.» Finalement, poursuit M. Sy, «le Conseil municipal est convoqué le lundi 30 mars 2020, avec un ordre du jour qui n’a rien à voir avec la riposte contre le Covid-19. Ce qui fait que les conseillers ont rejeté le projet d’ordre du jour». Ces derniers ayant décidé de «réserver les 118 millions aux populations et aux structures sanitaires (centre de santé Nabil Choucair et poste de Santé de Grand Médine). C’est ainsi que le Conseil municipal avait délibéré dans ce sens», à en croire Karim Sy. Qui révèle : «Finalement le maire Banda Diop avait déposé, pour approbation, une délibération falsifiée qui a été d’ailleurs rejetée par le Sous-préfet des Parcelles Assainies. Ce dernier a demandé une seconde lecture, ce que le maire avait refusé». Sous la pression des conseillers municipaux, le premier magistrat de la commune de la Patte d’Oie accepte de convoquer à nouveau une réunion du Conseil municipal, le vendredi 17 avril 2020. «Depuis, le document voté est avec le Sous-préfet qui attend l’avis du Percepteur municipal avant d’approuver. C’est dire que depuis cette date, nos populations et nos structures sanitaires attendent le soutien de la commune qui tarde à se matérialiser. Et le maire se permet de visiter les rédactions, annonçant des contrevérités», dénonce Abdou Karim Sy.

Banda Diop dément : «L’heure n’est pas à l’oisiveté politicienne»
Joint au téléphone par Le Quotidien, le maire de la Patte d’Oie rejette en bloc les accusations des conseillers municipaux. «Depuis l’avènement de la pandémie, la commune n’est pas restée les bras croisés. Dans un premier temps, le Conseil municipal a accordé un montant de 118 millions et installé une commission ad hoc dans sa session du 30 mars 2020. Le conseil est revenu en session, le 17 avril, pour procéder à la répartition de l’enveloppe», explique Banda Diop. Avant de préciser : «Le Sous-préfet a approuvé la délibération des 118 millions. C’est ainsi que les 18 millions vont servir d’appui en médicaments, produits pour les structures sanitaires et les 100 millions (restants) en appui en denrées alimentaires pour les nécessiteux.» M. Diop de souligner : «La priorité pour les élus, c’est de descendre sur le terrain pour sensibiliser et orienter les politiques, heureusement que la majorité écrasante a compris ce paradigme. En marge, le comité de ciblage pour l’aide alimentaire a été mis en place et tient ce 6 mai (mercredi dernier) sa réunion de validation des ménages ciblés». A ses détracteurs, Banda Diop rappelle que «l’heure n’est pas à l’oisiveté politicienne mais plutôt à l’action». Il a ainsi salué la «mobilisation générale de la population de tous bords, qui a débordé de générosité et de disponibilité».

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