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L’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) et le Programme sénégalais pour l’entreprenariat des jeunes (Pse-J) ont signé hier une convention de partenariat. Ce dernier consiste en un programme de formation d’éducation financière pour tout porteur de projet qui veut passer par l’incubation. En effet, outre l’accès aux financements qui est très difficile au Sénégal, bien qu’il y ait des subventions, la gestion de la dette fait défaut chez beaucoup de jeunes entrepreneurs qui «ne comprennent pas comment gérer une dette, ni le genre de relation à avoir avec les banques et les institutions financières qui ont leur façon de fonctionner», d’après la coordonnatrice du Pse-J. Très souvent, la surprise est notée au moment de rembourser la dette. «On dit qu’on a un taux d’intérêt de 5%. Et après, quand les gens font des calculs, on arrive à 8 ou 9%, parce que dès le début, les choses n’ont pas été comprises. Une fois que les jeunes ont la dette et qu’il faille payer, si on ne renforce pas leurs capacités de gérer ces dettes, il peut y avoir encore des erreurs», a détaillé Ami Sall Diallo.
Au Sénégal, deux tiers des entreprises meurent au bout de la première année à cause de plusieurs facteurs dont la mauvaise gestion financière ; d’où le plaidoyer du secrétaire exécutif de l’Oqsf d’insérer l’éducation financière dans les écoles. «Nous devons mettre dans les curricula des étudiants, et même au préscolaire, des programmes d’éducation financière destinés aux apprenants et aux titulaires d’idées de projets qui sont coachés sous forme de mentorat ou de tutorat par le Pse-J», a soutenu Habib Ndao. Il est convaincu que cela est tout à fait faisable, car il s’agit de lutter contre le gaspillage et en même temps pour une bonne gestion des fonds, mais également de saisir les opportunités que présente la collaboration d’entrepreneurs potentiels avec les institutions financières. Il s’agit aussi de saisir une opportunité de travailler avec une banque, d’avoir un compte bancaire, de souscrire à une police d’assurance, entre autres. «Les entrepreneurs et tous les titulaires de projets doivent nécessairement avoir une éducation financière, parce que l’université ne dispense pas de cours d’éducation financière, mais l’Observatoire de la qualité des services financiers, en collaboration avec le Pse-J, s’occupe de l’éducation financière de masse», a indiqué le secrétaire exécutif de l’Oqsf.

300 entreprises et 2 000 emplois créés par le Pse-J
Il faut comprendre par éducation financière l’instruction aux gens sur comment gérer son argent de manière efficace et efficiente, et aux entrepreneurs sur comment gérer leurs Pme qui doivent permettre de transformer le pays. «Dans l’accompagnement des jeunes, nous devons leur apprendre comment accéder à l’argent, mais également comment le gérer», a dit la coordonnatrice de Pse-J qui se réjouit d’avoir comme partenaire l’Oqsf. «L’Oqsf travaille beaucoup avec les banques et c’est un observatoire et lui-même pourra assurer l’enseignement», jubile Mme Diallo. «Nous avons besoin d’une éducation sur le plan de l’entreprenariat, le domaine technique et professionnel, mais nous avons également besoin de renforcer les capacités en gestion financière», confie la coordonnatrice du Pse-J, qui est une institution de formation et de création d’entreprise, mais aussi d’accompagnement des entrepreneurs. Sa particularité est qu’elle ne s’adresse qu’aux diplômés de l’enseignement supérieur. Ainsi, renseigne sa coordonnatrice, le Pse-J est aujourd’hui à plus 300 entreprises et 2 000 emplois créés. A noter qu’il y a une similitude entre les fonctions de l’Oqsf et le Pse-J. Ce dernier joue le rôle d’interface entre le monde universitaire et celui de l’entreprise, en accompagnant les diplômés porteurs de projet par une sélection rigoureuse en amont et par un accompagnement aussi bien technique que financier en aval, alors que l’Oqsf est une interface entre les institutions financières et les populations.

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