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L’Ong urbaSen continue d’œuvrer pour l’amélioration du cadre de vie des populations défavorisées. Suite à plusieurs actions menées dans la banlieue dakaroise, cette association sénégalaise, qui «réunit des professionnels autour de problématiques urbaines propres aux quartiers précaires», en partenariat avec la Fédération sénégalaise des habitants (Fsh) et le Gret, a lancé un nouveau projet dénommé Ping Giri (Pikine irrégulier nord-Guédiawaye : gestion intégrée des risques d’inondation dans la banlieue de Dakar). Lequel «vise à mitiger les risques d’inondations à travers l’adaptation de l’habitat et la mise en œuvre d’ouvrages communautaires favorisant l’infiltration des eaux pluvieuses, la collecte des eaux usées, le drainage, etc.
Le projet vise également, à démontrer que les habitants des quartiers précaires peuvent être maîtres d’ouvrage non seulement de la réhabilitation de l’habitat, mais également d’ouvrages collectifs sur l’espace public tout en s’appuyant sur un mécanisme financier pérenne».
Le Ping-Giri, selon le coordonnateur de urbaSen, Pape Ameth Keïta, est mis en place pour intervenir dans six communes de la banlieue de Dakar, notamment Médina Gounass, Ndia­rème Limamoulaye, Wakhinane Nimzatt (Ville de Guédiawaye), Yeumbeul Nord, Yeumbeul Sud, Djiddah Thiaroye Kao (Ville de Pikine). Et précise M. Keïta, «l’habitant sera au cœur de la mise en œuvre du projet. Nous mettons les populations au cœur du processus, le projet sera porté non pas par l’Ong ou les mairies, mais par les populations».
Financé à hauteur de 500 millions de francs Cfa, le projet va durer trois ans. Et les initiateurs entendent l’articuler avec le Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation aux changements climatiques (Progep), qui se concentre sur les gros ouvrages, les gros aménagements structurants. Le Ping-Giri mettra l’accent sur le réseau secondaire et tertiaire qui est inexistant dans les quartiers dits irréguliers.
En effet, explique Jean-Marie Ily, coordonnateur des projets assainissement au Gret, «les gros bassins sont souvent alimentés par de grosses conduites, mais les habitants qui sont autour de ces ouvrages, ne sont pas forcément desservis par de petits réseaux qui vont arriver dans ces bassins. C’est ce travail de connexion, d’articulation des différents niveaux qu’on va faire».
L’Ong urbaSen, en étroite collaboration avec la Fsh, développe régulièrement des démarches de projet innovantes dans le but de concevoir et de fabriquer une meilleure ensemble pour et par ses habitants, assure Pape Ameth Keïta. A preuve, souligne le coordonnateur, l’association a offert à 98 familles des toilettes fonctionnelles. «Nous avons aussi aidé à reconstruire 350 habitats pour des familles qui avaient totalement abandonné leurs maisons. Nous avons aménagé des aires de jeu, des espaces publics, des parcours sportifs… Nous avons également formé beaucoup de femmes pour qu’elles aient un métier…», a dit M. Keïta hier lors d’un atelier d’information sur le projet et les différentes réalisations de l’Ong urbaSen. Il en a profité pour présenter aussi le prix de l’habitat collaboratif 2019 qu’elle a reçu.
Une initiative du Réseau CoHabitat, ce prix récompense des solutions inspirantes d’habitats menées par des habitants à travers tout le continent dans le but de plaider en faveur du logement et du développement urbain collaboratif.

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