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Les travailleurs de la Société industrielle de papeterie au Sénégal (Sips) sont en colère contre leur direction. En conférence de presse hier, ils ont dénoncé «l’envoi en chômage technique d’une partie du personnel pour leur appartenance syndicale, sans motif légal».

«Une gestion malsaine et nébuleuse qui finira par mettre à genoux la Société industrielle de papeterie au Sénégal (Sips).» C’est ce que dénoncent certains travailleurs de cette société. En conférence de presse hier, le délégué du personnel, Alioune Ndione, a fait savoir que «non contente de ruiner la Sips, sa direction a l’intention de liquider le personnel en prenant des décisions suicidaires à l’encontre de ce dernier». Selon M. Ndione, la direction a envoyé «en chômage technique une partie du personnel pour leur appartenance syndicale, sans motif légal et sans leur accord, en refusant toutes les voies légales de séparation, y compris des départs négociés, visés après protocole d’accord par l’inspecteur du travail et la sécurité sociale». D’après lui, «la direction propose entre un et deux millions de francs à des travailleurs qui ont fait 25 à 30 ans de service, sans protocole d’accord comme ce fut le cas pour une dizaine de camarades». Outre le chômage technique d’une partie du personnel, ces travailleurs dénoncent aussi le blocage du renouvellement du collège des délégués du personnel qui devait avoir lieu depuis août 2015 «pour empêcher le syndicat majoritaire d’élire ses délégués en foulant aux pieds le Code du travail en son article L211 et le décret n° 67-1360 du 9 décembre 1967». A cela, ils ajoutent «l’imposition du personnel à l’Institution de prévoyance maladie (Ipm) informelle gérée avec la plus grande opacité où seuls les adhérents cotisent et se prennent en charge à 60%». Alioune Ndione et ses camarades fustigent aussi «la mise en retraite d’employés âgés de 55 ans et ce, malgré la mise en demeure de l’inspecteur régional du travail et de la sécurité sociale et en violation flagrante de l’arrêté ministériel du 2 janvier 2015, portant l’âge de la retraite à 60 ans».
Ces travailleurs qui ne sont pas convaincus par les explications de leur direction soutiennent que cette dernière prétexte que «cette situation est due en grande partie à l’importation que font ses concurrents en montrant un doigt accusateur aux autorités administratives de l’Etat pour leur manque de rigueur». Pour le délégué du personnel, en fustigeant l’attitude de l’Etat, la direction de la Sips «oublie que l’entreprise fait partie des partenaires du programme de mise à niveau des entreprises accompagnées et soutenues par l’Etat à coup de milliards». Pour M. Ndione, le plus étonnant c’est que la direction de cette entreprise puisse poser ces actes «au moment où elle vient d’encaisser environ 4 milliards de F Cfa suite à la vente du terrain attribué à la Sips par l’Etat et morcelé en 354 parcelles sans pour autant que le personnel puisse en bénéficier et sans aucun investissement». Ces travailleurs, qui soulignent que «la patience a ses limites», comptent saisir l’inspection du travail pour arbitrage.

dkane@lequotidien.sn

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