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Le choléra continue de faire des ravages au Yémen. 500 mille personnes sont touchées dans tout le pays par cette maladie meurtrière. A cela s’ajoutent un système de santé complètement à terre et un personnel de santé sans salaire depuis un an. L’Oms tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités yéménites à mettre fin à ce conflit responsable de tant de souffrance.

Le nombre total de cas présumés de choléra a franchi le cap des 500 mille au Yémen. Presque deux mille personnes sont décédées depuis que la flambée épidémique a commencé à se propager rapidement, fin avril, a annoncé l’Organisation mondiale de la santé (Oms) dans un communiqué.
Les cas présumés de cette maladie meurtrière véhiculée par l’eau continuent de se multiplier rapidement partout dans le pays, avec quelque 5 mille personnes infectées chaque jour, lit-on dans le document. Certes, la propagation du choléra a beaucoup ralenti dans certaines zones par rapport aux pics enregistrés précédemment, mais la maladie continue de s’étendre rapidement dans les districts touchés le plus récemment, où un grand nombre de cas est enregistré.
L’épidémie de choléra qui sévit au Yémen est, selon l’Oms, la plus importante au niveau mondial. Elle s’est propagée rapidement à la faveur de la détérioration des conditions d’hygiène et d’assainissement et des perturbations que subit l’approvisionnement en eau dans le pays. L’Oms révèle que des millions de personnes n’ont pas accès à l’eau propre, et les ordures ne sont plus ramassées dans les grandes villes.

30 mille agents de santé sans salaire depuis un an
Il s’y ajoute un système de santé qui est en train de s’effondrer. Il ne parvient plus à répondre aux besoins sanitaires du pays. «Plus de la moitié de l’ensemble des établissements de santé ont dû fermer car ils ont été endommagés ou détruits ou car ils manquent de fonds. Les pénuries de médicaments et de fournitures demeurent un problème courant et 30 mille agents de santé essentiels n’ont pas reçu leur salaire depuis presque un an», indique le communiqué.
Le docteur Tzdros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, lance un appel aux autorités yéménites : «Les agents de santé du Yémen travaillent dans des conditions intenables. Des milliers de personnes sont malades, mais il n’y a pas assez d’hôpitaux, de médicaments, ni d’eau propre. Ces médecins et ces infirmiers sont au cœur de l’action sanitaire, sans eux, nous ne pouvons rien faire au Yémen. Il doivent être payés pour pouvoir continuer à sauver des vies.»
Pour autant, souligne-t-on, l’Oms et ses partenaires travaillent sans relâche pour mettre en place des centres de traitement du choléra, rénover les établissements de santé, distribuer des fournitures médicales et soutenir l’action sanitaire nationale.
L’Oms informe que le taux de survie est de plus de 99% chez les cas présumés de choléra qui ont accès aux services sanitaires. Mais, se désole-t-elle, près de 15 millions de personnes n’ont pas accès aux services de santé les plus rudimentaires.
Dr Tedros estime que pour sauver des vies au Yémen aujourd’hui, il faut soutenir le système de santé, en particulier les agents de santé. Il exhorte également les autorités yéménites et tous ceux qui, dans la région ou ailleurs, peuvent contribuer à ces efforts, à trouver une solution politique à ce conflit qui, selon lui, a déjà causé tant de souffrance. «Le Peuple du Yémen ne pourra pas supporter cette situation bien plus longtemps. Aussi les gens ont besoin de paix pour reconstruire leur vie et leur pays», a déclaré Dr Tedros.
ndieng@lequotidien.sn

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