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Le Forum civil vient de boucler à Darou Khoudoss, une commune du département de Tivaouane, un atelier de sensibilisation et de plaidoyer avec les femmes et jeunes des partis politiques et des organisations de la société civile. Une rencontre d’échanges pour renforcer l’engagement citoyen des jeunes et des femmes de cette localité, riche en ressources minières, afin qu’ils puissent participer davantage à la vie de cette collectivité territoriale. En effet, explique Lamine Mandiang, chef du projet «Renforcer la capacité des collectivités riches en ressources minérales, afin de leur permettre de tirer profit de l’expérience de la présence des industries extractives au Sénégal pour soutenir des économies locales viables», l’étude dudit projet mis en œuvre par Enda tiers-monde avec le soutien financier de la Fondation Ford a montré que «la présence des jeunes est très faible au niveau des collectivités territoriales. Et pour les femmes, malgré leur présence massive grâce à la loi sur la parité au niveau des instances des collectivités territoriales, elles ne participent pas réellement aux prises de décisions parce qu’elles n’ont pas suffisamment accès aux instances». C’est ce qui motive la mise en œuvre de ce projet qui «cherche à renverser la tendance».
Et selon M. Mandiang, le défi «c’est de faire de sorte qu’il y ait plus de jeunes et de femmes au niveau de ces instances de décisions». Pour cela, dit-il, «nous travaillons avec ces jeunes pour qu’ils demandent le vote d’une loi sur les quotas au même titre que les femmes pour qu’elles aussi aient une présence beaucoup plus accrue au niveau des instances de prises de décisions depuis le niveau national jusqu’au niveau local». Pour dire toute la pertinence de cet atelier «afin de leur permettre d’avoir les connaissances qu’il faut pour véritablement peser sur les décisions au niveau local et notamment dans le domaine où nous intervenons, à savoir les industries extractives».
A la question de savoir pourquoi les jeunes et les femmes sont sous-représentés dans les instances de décisions, M. Mandiang explique que c’est un problème de leadership, mais également d’engagement citoyen qui fait que les jeunes ne s’intéressent pas réellement à la politique. «Quand ils sont au sein des partis politiques, ils sont plus occupés à assurer l’animation avec les meetings. Et souvent, c’est eux qui mènent les combats physiques pour leurs leaders. Ils sont rarement pris en compte au moment de la distribution des postes. Et cela commence depuis les directoires des partis pour ensuite se refléter au niveau des instances même des collectivités territoriales». Ainsi et de sensibiliser, «il faut que les jeunes prennent plus conscience de leur situation. Que la participation ne soit pas seulement de demander de l’information, mais de participer à la prise de décision, c’est-à-dire la codécision ! Et pour qu’ils puissent jouer ce rôle, il faut que leurs connaissances soient renforcées, mais également qu’ils aient un leadership affirmé qui leur permette de prendre leur place au niveau des directoires des partis politiques. Et une fois élus au sein des instances des collectivités territoriales, qu’ils puissent porter les préoccupations des jeunes qui les ont véritablement mandatés pour qu’ils viennent au niveau du Conseil municipal». Un projet largement salué par la responsable des femmes de la commune de Darou Khoudoss et conseillère municipale, Mme Coumba Ndiaye, et le président du Conseil communal de la jeunesse de Darou Khoudoss, M. Khadim Mbengue. Ils ont promis de participer désormais activement dans les instances de prise de décisions pour une bonne gouvernance des ressources minérales.

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