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Cheikh Oumar Bâ, Ipar.

Thiès est la première étape d’une série d’ateliers de réflexion sur l’utilisation des Directives volontaires au niveau des différentes zones agro-écologiques du Sénégal. A Mékhé, l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) et ses partenaires ont fait le tour de la question avec les acteurs de la zone des Niayes, notamment des élus, des représentants des services déconcentrés de l’Etat, des Ong, des organisations de femmes et de jeunes.

L’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), en partenariat avec la Coopération italienne et la Fao, vient de boucler au siège de l’Union des groupements des producteurs maraîchers de Mékhé (Ugpm) un atelier de réflexion des acteurs de la zone agro-écologique des Niayes sur l’utilisation des Directives volontaires dans la gouvernance foncière locale. Lequel atelier de formation de deux jours s’inscrit dans le cadre  de la mise en œuvre du Projet de renforcement de la diffusion et de l’opérationnalisation des Directives volontaires au Sénégal. En effet, explique Dr Cheikh Oumar Ba, directeur exécutif de l’Ipar, les Directives volontaires (Dv) constituent un engagement international entre 130 pays pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts au Sénégal dans le contexte de la sécurité alimentaire. Cela montre «simplement que de plus en plus, nous avons des ressources qui se rétrécissent et il est important de penser aux générations à venir». Aussi, ajoute M. Ba, «avec le changement climatique, on aura de moins en moins de sols cultivables. Donc en lien avec les investisseurs, que le Sénégal puisse profiter de l’intérêt qu’il y a de développer l’agriculture et le monde rural» ; d’où la pertinence de cette rencontre de dialogue et de plaidoyer pour que les autorités et les partenaires au développement puissent parler d’une même voie pour la gestion responsable du foncier. De l’avis du directeur exécutif de l’Ipar,  «la terre ne peut pas être un enjeu économique. Elle n’est pas une marchandise à vendre. La terre est sacrée». Même si, indique Dr Ba, «on a besoin de se développer. Nous avons besoin d’autoroutes, d’aéroports, de mines. Et pour cela, il faut utiliser la terre. Donc, il y a beaucoup d’usage. Et c’est important de penser aux générations futures pour que la gestion de la terre soit accompagnée par une expertise avérée pour que le Sénégal soit le premier à en bénéficier et que cela soit source de paix et non de conflit».

«Les Dv cherchent à apporter une sécurité foncière»
Revenant sur l’adoption des Dv en 2012, Dr Cheikh Oumar Bâ explique que depuis la crise alimentaire de 2008, la problématique de la gouvernance des ressources naturelles occupe de plus en plus les débats sur le plan international. En effet, la compétition accrue pour le contrôle des terres, la dégradation des ressources naturelles associée au changement climatique et la croissance démographique ont beaucoup d’impacts sur la sécurité foncière des populations, surtout des petits exploitants. Ce qui constitue un défi majeur pour la gouvernance des ressources et par conséquent la sécurité alimentaire. Pour dire que les Dv cherchent à apporter une sécurité foncière et un accès équitable à la terre, aux pêches et aux forêts dans le but d’éliminer la faim et la pauvreté, de soutenir le développement durable et d’améliorer la gestion de l’environnement.
A ce titre, le maire de la commune de Mékhé, Maguette Wade, de plaider pour que la gestion de la terre revienne aux paysans ou aux collectivités rurales, car «la terre doit être valorisée par ceux qui la mettent en valeur, notamment les paysans. J’aurais préféré qu’on immatricule la terre au nom des paysans ou d’une collectivité rurale plutôt qu’au nom du maire». Il poursuit : «Je ne suis pas d’accord qu’on donne la gestion de la terre aux communes, parce que nous allons la vendre si c’est immatriculé au nom des communes.» Aussi, le maire de Mékhé de demander aux agriculteurs de dépasser l’étape traditionnelle à laquelle ils sont confinés. «L’agriculture doit être motorisée, mais également elle doit avoir des surfaces suffisantes et de bonnes semences. Aussi, une bonne terre bien maintenue avec de bons laboratoires pour faire des recherches sur les semences, mais également un marché ouvert pour vendre les produits à leur prix. Mais entendre une subvention de l’Etat pour cultiver, cela ne développera pas l’agriculture. Il faut qu’on avance», dira-t-il.
nfniang@lequotidien.sn

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