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Mamadou Diop, ancien maire de Dakar

A l’image de La Gouvernance foncière et domaniale au Sénégal, Mamadou Diop, ancien maire de Dakar, montre l’explosion de l’urbanisme et les mesures qui l’ont accompagnée dans son deuxième ouvrage intitulé La gouvernance urbaine : Maitriser, aménager et transformer l’espace urbain.

Mamadou Diop, ex-maire de Dakar, a probablement une expertise avérée sur le foncier. Dans La gouvernance urbaine: Maitriser, aménager et transformer l’espace urbain, édité par les Presses universitaires de Dakar, Mamadou Diop essaie de comprendre et surtout d’analyser l’explosion urbaine qu’il considère même comme «la seconde révolution après l’industrialisation». Préfacé par le professeur Lat Soucabé Mbow, enseignant à la Faculté des lettres et sciences humaines à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, ce livre de 262 pages, est une réflexion sur l’urbanisme dont le concept est apparu pour la première fois dans l’ouvrage Théorie générale de l’urbanisme publié en 1867. A travers le financement de l’habitat social et des opérations d’aménagement de l’espace urbain, il fait la genèse de la promotion du logement social qui continue d’être un «volet important de la politique sociale» de l’Etat. «C’est ainsi qu‘un dispositif relativement étoffé et des mesures diversifiées ont été élaborés et mis en œuvre», dit-il en soutenant par contre que les «crédits budgétaires destinés à la promotion de l’habitat social se sont réduits de manière drastique» à cause des «difficultés et des défaillances d’exécution qui ont pour cause la rareté des terrains constructibles et la lourdeur des procédures administratives de mise en place des crédits budgétaires». Selon M. Diop, la situation avait changé depuis les années 1978-1979 avec la création de nouvelles structures chargées du financement de l’habitat social comme la Banque de l’habitat social (Bhs) et coopératives d’habitat. «Dans le même temps, les ressources parafiscales directement affectées aux opérations d’urbanisme ont été valorisées. Toutes ces mesures ont permis de stimuler les opérations d’aménagement de l’espace urbain et de production de logements pour le plus grand nombre», écrit l’ancien maire de Dakar.
Dans ce cadre, l’Etat a mis en place plusieurs structures comme le Bureau d’assistance aux collectivités locales (Bahso) dont l’objectif est d’assister les collectivités en vue d’aider les populations à résoudre leur problème de logements, les zones d’aménagement concerté et les régularisations foncières des quartiers irréguliers à l’image de la Zac de Mbao dont le succès a permis d‘en créer d’autres à Thiès, Saint-Louis, Richard-Toll, Kaolack et Diamniadio. Il dit : «la future Zac de Diamniadio va se traduire par l’organisation et l’aménagement de 2500 hectares, avec une première tranche de 1250 hectares destinés à abriter l’industrie, l’artisanat et le commerce ».
Dans le cadre de la régularisation foncière de l’habitat spontané, l’Etat a entrepris avec des fonds d’origine budgétaire, des opérations de régularisation foncière au profit des populations économiquement faibles. Grâce à la coopération allemande, écrit-il, fut lancée en 1987 la fameuse expérience de Dalifort qui a abouti à la création de 700 personnes pour arbitrer 700 personnes. Il cite aussi le cas de Pikine Sud irrégulier réalisé sous l’égide de la Fondation «Droit à la ville» en 1999.
Par ailleurs,  Me Diop n’a pas occulté l’apport de la Bhs qui représente aujourd’hui 210 milliards F Cfa de ressources, 120 mille clients potentiels, 44 mille clients financés et 200 projets pour 210 milliards d’investissements et 197 milliards d’encours de crédits aux clients. Dans la même veine, il a aussi analysé l’apport des coopératives d’habitat et des promoteurs privés comme la Somisci, la Sapco, la Sica qui ont construit 600 logements en 1999 entre Mermoz, Thiaroye sur mer, Mariste et la Vdn.  Ce n’est pas tout !
bsakho@lequotidien.sn

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