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Précipitation, ballon de sonde ou effets du poids de l’âge ? Ousmane Tanor Dieng doit en tout cas revoir sa copie. Le président du Hcct s’est dit favorable à une grâce ou une amnistie pour le maire de Dakar alors que le dossier judiciaire de Khalifa Sall et Cie n’est pas complètement vidé par Dame Justice. Etonnant pour quelqu’un qui refusait déjà en mars 2017 au sortir de la première session du Hcct de parler de l’affaire Khalifa Sall.

La célébration d’un fête religieuse musulmane comme l’Aïd al Kabîr ou Tabaski est souvent l’occasion pour les hommes politiques ou les politiciens tout court de prolonger leurs discours. Et la prière de l’Aïd, mardi dernier, à la mosquée omarienne, n’a pas constitué une exception chez Ousmane Tanor Dieng. Le président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) a cru bon de s’immiscer dans l’affaire Khalifa Sall. Le temps d’un échange avec les journalistes. OTD s’est dit favorable à une grâce voire une amnistie pour son ex-camarade de parti et maire de Dakar, Khalifa Sall. Cherchant en même temps à couper la poire en deux, le leader du Parti socialiste (Ps) déclare militer pour que la justice fasse son travail.
Venant de quelqu’un qui déjà en mars 2017 au sortir de la première session du Hcct avait refusée parler de l’affaire Khalifa Sall, cette posture surprend. Il y a vraiment lieu de se demander dans quel jour était le Secrétaire général du Ps. Cela démontre que sa sortie manque de cohérence. Et M. Dieng sait pertinemment qu’on ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Lui qui s’était quasiment mis dans les habits d’un procureur jusqu’à l’incarcération de Khalifa Sall, en était venu à ne plus vouloir évoquer le dossier judiciaire de son ancien camarade en public.
Il y a lieu aussi de s’interroger en se demandant si OTD n’a pas oublié ses cours de droit. Ou bien le poids de l’âge fait-il ses effets chez lui ? Se demander aussi depuis quand plaide-t-on pour une grâce ou une amnistie en faveur d’un prévenu qui est toujours en jugement. Que fait-il d’une affaire qui n’est pas encore totalement revêtue de l’autorité de la chose jugée ? Encore moins de la séparation des pouvoirs ? Le dossier judiciaire de la Caisse d’avance est jugé en appel, donc en deuxième instance de jugement. Et le juge d’appel, Demba Kandji en l’occurrence, va donner son verdict dans moins d’une semaine. Ce qui signifie que toutes les voies de recours ne sont pas épuisées pour Khalifa Sall et Cie. Cette position de Tanor ne manque pas de pousser dans certains milieux à penser à un complot ourdi au sein de l’exécutif contre le maire de Dakar. Difficile de sortir cette idée de la tête d’une certaine opinion.
En démocratie, il n’est pas interdit d’avoir un point de vue sur des questions liées à la vie de la Nation et qui interpellent tout citoyen. Mais le mieux serait en toutes circonstances d’être logique et cohérent avec soi-même.
mdiatta@lequotidien.sn

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