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La 9e édition du Festival international de graffiti (Festigraff) attend cette année plusieurs graffiteurs venant de l’étranger. Ce festival mettra un accent particulier sur les femmes et les jeunes, reconnus comme acteurs de développement, conformément à la philosophie de parrain de cette édition, le Camerounais Ruben Um Nyobe.

Le parrain de la 9e édition du Festigraff n’est pas n’importe qui. Cette année, Docta et ses amis sont allés jusqu’aux maquis du Came­roun pour sortir Ruben Um Nyobe de sa tombe. Cet homme, à qui l’écrivain camerounais vivant en Suisse, Max Lobe, a consacré un livre (Confidences), fut parmi les héros de l’indépendance de son pays. Tué en 1958 par l’Armée française, Ruben Um Nyobe sera vite oublié, voire renié, et son action passée sous silence pendant des années. La seule mention de son nom en public pouvait même conduire en prison. «Pour quelqu’un qui a été abattu par l’Armée française, il a fallu qu’une loi (la loi 11022 du 16 décembre 1991) soit votée pour permettre de rétablir la mention de son nom. Avoir un festival avec son image en Afrique, scandé et prononcé par un festival, c’est fort», estime Massamba Guèye, conseiller spécial du président de la République et partenaire du Festigraff.
C’est en effet toute la symbolique que Docta, initiateur et organisateur du Festigraff, attache à ce festival. Pour lui et ses équipes, il n’a jamais été question de chercher des «parrains financiers». Il s’agit bien au contraire de trouver des parrains idéologiques et d’épouser leurs idées. «L’année dernière, rappelle-t-il, c’était Nkrumah qui disait Unité. On a rajouté dans la diversité. Cette année, c’est Ruben Um Nyobe, un panafricain qui a œuvré pour l’indépendance du Cameroun, qui a été assassiné pour sa lutte et qui disait que l’Afrique doit être développée par les femmes et les jeunes. On a pris cette philosophie pour dire que quand il y a la femme, il y a l’organisation ; la jeunesse, c’est l’avenir.» Il souligne : «On veut une autre Afrique. Et notre vision de cette Afrique, c’est qu’elle est faite par les jeunes qui s’engagent. Que cela soit dans les entreprises, la création, les jeunes apportent et contribuent au développement de la société. Ont voit beaucoup de femmes chefs d’entreprise, qui collaborent avec des hommes pour le développement de l’Afrique. On pouvait prendre un parrain, mais on a préféré aller vers des idéologies, des idées qui touchent l’humanité.»
Plusieurs graffiteurs venant de Belgique, du Brésil, du Maroc, d’Angleterre, d’Italie, de Dubaï, du Mali, de Guinée Conakry, de France et du Sénégal participeront aux différentes activités (expositions, danse, les 18h du village du Festigraff, projection de films, conférence, défilé, le journal du Festigraff, séances de costumisation, spectacles slam show, workshops) de cette 9ème édition du Festigraff qui va se tenir du 20 au 29 avril dans différents endroits de la région de Dakar, à savoir Rufisque, Malika, Médina et le centre culturel Douta Seck où sera installé le village du festival, l’Institut français de Dakar qui va abriter un concert de Fou Malade et de Niagass, sans oublier l’île de Gorée pour la clôture.
Et comme innovation, Docta et ses amis prévoient le «mur des amateurs». Un espace où ils pourront dessiner leurs tags, histoire de «partager l’émotion de tenir bombe à la main». Et pour ainsi dire, allier l’utile à l’agréable.
aly@lequotidien.sn

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