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Monsieur le maire, je vous écris parce que j’ai beaucoup d’estime pour votre personne. Parce que je vous ai toujours soutenu. Que je crois en vous et en votre volonté de bien faire. Je m’adresse à vous parce que votre force de conviction est pour moi une référence.
Permettez-moi de vous dire que je suis particulièrement déçu par ce que j’ai déjà vu. Je suis scandalisé par votre posture dans les différentes affaires judiciaires concernant des Socialistes. Je profite donc de la convocation du camarade Barthélemy Dias pour vous demander solennellement de ne pas vous rendre au Tribunal ce 1er décembre.
Vous l’avez déjà fait plusieurs fois pour montrer votre soutien à des personnes convoquées, notamment dans le cadre du saccage de la Maison du parti. Pourtant, vous n’êtes pas obligé de défier les juges pour prouver votre affection pour tel ou tel individu.
Je me demande, cher camarade, pourquoi vous vous déplacez pour des faits qui relèvent de la compétence de notre justice ?
Dans un pays démocratique, où les hommes politiques doivent garantir aux juges la liberté d’action, aucun homme d’Etat ne doit se rendre à un interrogatoire pour soutenir un camarade.
C’est encore plus vrai quand il s’agit d’une personnalité aussi importante que vous. Qui postule à la magistrature suprême. Qui est un Socialiste au parcours exceptionnel. Un héritier de Senghor. Un proche de l’homme d’Etat, le président Ousmane Tanor Dieng.
D’ailleurs, lui avez-vous demandé son avis pour savoir s’il était opportun de vous rendre au Tribunal pour des choses aussi banales ? Je crois que non. Sinon, lui qui use et abuse de la retenue allait vous dire que c’est indigne d’un grand homme.
En France, j’ai vu défiler devant la justice beaucoup d’hommes politiques, dont deux Présidents, un Premier ministre et d’autres ministres. Pourtant, malgré leur statut, aucun militant, ni personnalité ne s’est déplacé pour crier au complot. Alors, pourquoi vous mêlez-vous à une procédure judiciaire impliquant des justiciables ordinaires ?
Camarade Khalifa, je veux savoir :
Pourquoi participez-vous à une œuvre néfaste pour notre justice, à une machination la plus saugrenue et la plus coupable ?
Pourquoi vous laissez-vous emporter par l’hystérie d’une minorité en vous affichant publiquement dans des convocations où les personnes viennent uniquement pour être entendues ?
Serait-ce en raison d’une abdication face à la pression, notre fameux «koloré» national, cette vertu-ennemie d’un chef d’Etat ?
Vous le juriste, ignorez-vous qu’une convocation n’équivaut pas à une culpabilité, encore moins à une condamnation ?
Pourquoi, en toute conscience, vous acceptez de vous rendre à plusieurs reprises au Tribunal pour soutenir des camarades soupçonnés de crime ? C’est parce vous avez renoncé à votre volonté de diriger le Sénégal avec des valeurs senghoriennes ?
Si la réponse est négative, comprendriez-vous qu’après une convocation de Aliou Sall au Tribunal, que Macky, son frère de sang et ancien Président, vienne le soutenir ? Etes-vous conscient que le Président actuel pourrait le faire avec ses milliers de partisans ? Savez-vous que ce jour-là, votre pouvoir vacillerait alors qu’il n’aurait fait que suivre vos pas ? C’est-à-dire mettre de la pression sur la justice, par une présence à leur lieu de travail.
Et si cette convocation était demain, que diriez-vous à tous les ministres, élus locaux et députés Apr qui se déplaceraient pour le soutenir ?
Monsieur le maire, saviez-vous que Senghor dont vous vous réclamez refusait toute posture qui abaisserait l’autorité. L’autorité, cet élément qui fait d’un homme un Président, qui le met au-dessus de la mêlée. Qui permet à un individu de mener aux destins de tout un Peuple. A garantir l’indépendance à tous les corps qui composent un Etat, y compris la justice.
J’ignore pourquoi vous vous rendez complice, tout au moins par faiblesse d’esprit ou par sensibilité d’âme, d’une telle entreprise dont la seule vocation est de mettre la pression sur les juges.
Je vous en veux d’avoir affirmé dans la presse que les convocations sont des règlements de compte politiques pour égarer l’opinion et ainsi couvrir des crimes.
En vous faisant part de mes inquiétudes, je passerai aux yeux de certains pour votre néo opposant, moi qui suis décrit comme un «Khalifa boy». Mais c’est volontairement que je m’expose aux critiques parce que nous partageons les valeurs socialistes. Parmi elles, l’indépendance de la justice. Celle que vous risquez de mettre à mal.
Toutefois, j’ose espérer que vous rectifierez le tir avant qu’il ne soit trop tard. Que vous penserez à tous ceux qui, dans leur bataille judiciaire, n’ont pas un parrain aussi puissant dont la mobilisation pourrait peser en faveur de leur bourreau. Que vous ne vous rendrez plus à des convocations qui ne vous concernent pas et qui n’ont rien de politiques.
Cher Khalifa, ces mots ne sont pas celui d’un adversaire ni d’un ennemi politique. Ils expriment le cri du cœur d’un jeune militant qui voudrait voir ses leaders irréprochables. Ce sont ceux d’un homme qui vous soutiendra tant que vous mènerez un combat socialiste. D’un Républicain qui est convaincu que le gain collectif prime sur les avantages individuels. Par conséquent, je vous prie de les lire tout en ayant l’assurance quant à mon soutien indéfectible.
Veuillez agréer, cher Khalifa, l’assurance de mon profond respect.
Fraternité Socialistes
Liko FAYE
SG Jeunes Socialistes du Sénégal en Europe (Mjese)
Coordination PS de France

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