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Les exposants qui ont participé à la Foire économique, commerciale, culturelle et gastronomique, organisée durant la seconde édition de la Semaine ivoirienne de Dakar, ne sont pas satisfaits de l’organisation à cause du choix de la date, coïncidant avec la Tabaski et du lieu enclavé. Une situation qui est à la base de la rareté de la clientèle. Cependant, de fortes relations se sont tissées entre exposants ivoiriens, sénégalais et mauritaniens.

Le Grand Théâtre abrite la deuxième édition de la Semaine ivoirienne de Dakar (Sid) qui va baisser ses rideaux ce samedi. Partout, des stands sont installés autour de l’esplanade pour la foire économique et un podium pour les concerts. En effet, la Sid est un rendez-vous économique, commercial, culturel et gastronomique. Cependant, pour cette présente édition qui a débuté depuis le 8 août, contrairement à la première, seule une poignée de clients défilent autour de la foire économique.
Il est 19h : Certains exposants s’apprêtent à fermer leur stand, d’autres préfèrent rester quelques heures de plus, espérant attirer des clients qui viennent pour le concert organisé parallèlement à l’événement. «Aujourd’hui par exemple, je n’ai pas vu de clients. C’est à cause de la Tabaski. On nous a expliqué qu’ici à Dakar, les gens vont plutôt vers les provinces pour aller fêter. Nous l’avons même remarqué, la ville est calme, vide et il n’y a plus d’embouteillage», explique Mme Kouna Mélani, présidente de l’Association des femmes artisanes de Côte d’ivoire (Afaci), en compagnie de Traoré Karidja. Assises à l’intérieur de leur stand où l’on retrouve bijoux, foulards, objets d’art, tableaux avec du pagne, robes… conçus par les femmes de ladite association, ces exposants ivoiriens ne comptent pas fermer si tôt. Participer à cette exposition nécessite des dépenses plus ou moins colossales. Car l’exposant «doit payer un stand, trouver un logement et payer le transport qui est très cher par rapport à Abidjan et puis comme le Grand Théâtre est un peu enclavé, les restaurants nous fixent leur prix. C’est beaucoup. Le transport seulement pour une personne c’est 5 000, et la nourriture 3 000 F si tu n’es pas trop gourmand. Nous avons de la chance, car nous avons des parents à Dakar qui nous ont hébergés», poursuit Mme Kouna Mélani.

Tissage de liens
Un peu plus loin du stand de Mélani et de Traoré se trouve celui d’un jeune Sénégalais, Mamar. Vêtu d’un boubou bleu tout neuf, il a étalé sur une table et accroché sur les trois côtés du mur de son stand des sacs, des ceintures, des pochettes…tous en cuir. Momar a fait le même constat que ses voisins ivoiriens. «Les clients ont déserté les lieux. C’est à cause de la date. Elle a coïncidé avec la Tabaski (Eid el kébir)», dit le maroquinier originaire de Pikine. «Et il n’y a pas eu assez de publicité. Certains viennent sans vraiment savoir ce qui se passe réellement ici», a aussitôt lancé Anta Fall, la cinquantaine. Elle est l’élue de la Chambre de métiers. Air désespérée et fatiguée, elle a fermé son stand et s’apprête à rentrer.
Par contre, Denis Sidibé, de nationalité congolaise, et ses amies se frottent les mains. Elles sont des hôtesses de la deuxième édition de la Semaine ivoirienne de Dakar et vendent des tablettes de chocolat produites en Côte d’Ivoire. Hors des stands, elles se sont installées juste à côté du podium du concert qui tarde à commencer. Pour écouler leurs produits, ces jeunes filles ont développé une stratégie de vente assez spéciale. «Les clients viennent acheter chaque jour. Quand ils arrivent, je leur présente nos produits. Il y en a 40 grammes à 350 F, 100 grammes à 800F, avec différents parfums auxquels je fais goûter aux clients qui veulent acheter avant de leur donner celui qu’ils apprécient le plus», explique Denis Sidibé pendant que ses amies chantent et dansent sous le rythme des sons que le Dj partage en guise d’essayage.
L’importance de la foire ne se limite pas à la vente, selon l’Ivoirienne Kouna Mélani. Elle et Karidjia, sa partenaire, ne regrettent pas leur séjour à Dakar. «Quand on vient à ce genre de foire, ce n’est pas seulement pour vendre. Il y a aussi les contacts qui sont très importants. Les Sénégalais vont facilement à Abidjan et les Ivoiriens viennent aisément à Dakar. Il y en a qui ont pris nos contacts en disant qu’ils nous contacteront une fois qu’ils seront à Abidjan. Parmi eux, il y a des revendeurs», poursuit la présidente de l’Association des femmes artisanes de Côte d’ivoire (Afaci). Et les relations qui se tissent vont au-delà des liens vendeur-client. Des contacts sont également noués entre commerçants. «Par exemple, en face de nous se trouve une Mauritanienne. A côté, il y a une Sénégalaise. Plus tard, un évènement peut être organisé dans leur pays et elles pourraient nous inviter. Et vice-versa. On ne sait jamais. L’échange est fructueux parce qu’il a quelque chose qu’on pourrait découvrir grâce à eux. Donc, participer à un salon international est toujours enrichissant. Ce n’est pas la même expérience lorsqu’on est au pays», conclut-elle.

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