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Ils étaient hier marginalisés par la société à cause de leurs mauvais comportements. Aujourd’hui, ces anciens détenus ont décidé de s’engager dans la lutte contre le banditisme dans la commune de Grand-Yoff, en compagnie de l’ancien international Alioune B. Kébé qui envisage ouvrir un centre social dans le quartier.

Depuis sa retraite professionnelle, l’ancien footballeur international Alioune Badara Kébé évolue maintenant sur le terrain social. Il joue aujourd’hui pour les âmes déshéritées. Au cours d’un point de presse qu’il a organisé hier au siège du «Mouve­ment national Liniou Bokk», il a plaidé pour la cause des anciens détenus. Selon lui, à défaut d’une politique de réinsertion sociale dans le pays, ces derniers sont laissés à eux-mêmes après leur séjour carcéral. Pour voler au secours de ces anciens bagnards, il a mis en place l’Association des anciens détenus. «L’objectif visé, dit-il, c’est de les aider à se réinsérer sur le plan social et à lutter contre le banditisme et les agressions dans la commune de Grand-Yoff.» Très modeste, il attribue l’initiative aux anciens détenus. «Ce sont eux qui ont eu cette initiative. Ils veulent faire une alerte pour les jeunes qui n’ont pas encore fait la prison et lutter contre le banditisme», dit-il. Ces anciens détenus «sont plus de 270 condamnés à des peines allant de 5 à 20 ans», informe-t-il. Parmi eux, «il y a ceux qui sont âgés de 20 ans ou plus qui n’ont pas d’extrait de naissance. Ils ne font pas partie des 14 millions de Sénégalais. Ce n’est pas normal. On ne peut pas développer un pays sans la sécurité», tacle l’ancien footballeur qui envisage mettre en place un centre social qui va servir à former ces anciens taulards dans différents domaines afin de faciliter leur réinsertion sociale. Selon Alassane Diallo alias Doff Ndèye, cette démarche ne se limite pas seulement à sensibiliser sur le banditisme à Grand-Yoff. Pour lui, il faut créer de l’emploi pour réinsérer ces jeunes. Et c’est en ce sens qu’ils invitent les autorités à jouer leur partition. «Parmi nous, il y en a qui ont fait 4 ans, 6 et même 20 ans de prison. Mais depuis qu’ils sont libérés, ils n’ont pas trouvé quoi faire. Nous l’avons dit au ministre de l’Intérieur et à certaines autorités. Aujourd’hui, nous les lançons un appel afin qu’ils nous aident à créer un centre social pour les anciens détenus», a-t-il plaidé. En écho, son camarade Youssou Diop est allé plus loin pour décrire le calvaire qu’ils subissent. A l’en croire, «après 10 ans de détention préventive, on peut condamner une personne à 3 ans et après la laisser rentrer chez elle sans aucune réparation». Des attitudes qu’ils ont tous déplorées en invitant les autorités à les aider à combattre les agressions à Grand-Yoff.
justin@lequotidien.sn

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