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Dans la salle de concert de la Man­chester Arena se trouvaient, lundi soir, beaucoup d’enfants et d’adolescentes. Une victime avait 8 ans. Témoi­gnages.

L’attentat terroriste, revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique et qui a frappé le concert d’Ariana Grande à Manchester, faisant au moins 22 morts et 59 blessés, a frappé en plein cœur un public très jeune. Une attaque «révoltante» qui a visé «de jeunes personnes sans défense», a condamné la Pre­mière ministre Theresa May devant Downing Street mardi. Des adolescentes pour la plupart, voire des pré-adolescentes encore à l’école primaire. Toutes n’ont pas eu la chance de Katy et Kelly. Des «enfants» font partie des personnes décédées, a révélé la police de Manchester. Une petite fille de 8 ans, Saffie Rose Roussos, a été l’une des premières victimes identifiées.
Certaines familles vivent une angoisse insoutenable. Mardi à la mi-journée, Charlotte Camp­bell n’avait toujours pas retrouvé sa fille Olivia, 15 ans. Elle a remué ciel et terre, fait appel aux réseaux sociaux, rencontré des dizaines de bonnes volontés pour l’aider, multiplié les témoignages dans les médias. Mais pour l’instant, toujours pas de nouvelles. «Elle était avec son ami Adam, témoignait sur la Bbc la mère, la voix cassée par l’émotion. Adam a été trouvé, il est à l’hôpital, mais Olivia n’a pas été trouvée.» Sur Twitter, le mot-clé #mis­singManchester s’est propagé pour tenter de la retrouver, ainsi que d’autres adolescentes qui restent portées disparues.

L’auteur de l’attentat identifié
L’auteur de l’attentat-suicide a été identifié sous le nom de Salman Abedi, âgé de 22 ans, a annoncé la police de Man­chester. D’origine libyenne, l’homme était né à Manchester. «Je peux confirmer que l’homme soupçonné d’avoir commis l’atrocité de la nuit dernière a été identifié sous le nom de Salman Abedi», a affirmé le commissaire de police Ian Hopkins lors d’une déclaration à la presse. Les autorités avaient dit avoir retrouvé un document d’identité près du corps du kamikaze. «Notre priorité, avec la police antiterroriste et nos partenaires des services de sécurité, est de continuer de déterminer s’il a agi seul ou dans le cadre d’un réseau plus large», a ajouté Ian Hopkins.

«C’était horrible»
Molly Moore, 14 ans, a eu plus de chance. Elle est venue de Derby accompagnée de sa mère. «J’attendais ce concert depuis deux cent huit jours», précise-t-elle, après avoir assuré le décompte jour par jour depuis l’achat de ses billets. Mardi matin, elle portait encore le sweat-shirt de Ariana Grande qu’elle arborait fièrement la veille. Autour du cou pendait la pochette transparente avec son billet de concert. «C’était horrible. Je suis encore sous le choc», murmure l’adolescente qui n’en peut plus de sommeil et de colère contenue.
Elle et sa mère se sont retrouvées bloquées dans la Man­chester Arena après l’explosion de la bombe. La police a pris soin d’elles, venant les informer toutes les demi-heures de l’évolution de la situation. «Mais ce n’est que très tard, en voyant un écran de télévision, qu’on a compris l’ampleur de la situation, explique Karen Moore. Avant, on ne savait pas qu’il y avait des morts.»
Et c’est à 6 heures du matin seulement qu’elles ont pu sortir de la salle de concert et rentrer à leur hôtel. Au coin de la rue, là où le quartier est bouclé, elles passent alors à côté d’un grand panneau publicitaire électronique. Dessus, sur fond de drapeau de l’Union Jack, ces simples mots : «Pray for Man­chester».
lemonde.fr et rfi.fr

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