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C’est connu. Les grands hommes et les grands peuples se reconnaissent à leur réaction face aux grandes épreuves. Il en a été ainsi du Peuple sénégambien, de notre Président et de ses diplomates, officiels et officieux, dont nous avons  été fiers lors de la difficile période de changement de régime et de passation du pouvoir en Gambie.
Cette transition a failli engendrer une série de drames, mais saluons d’abord le génie du Peuple gambien qui a pris son destin en mains dans le calme, avec une simple carte d’électeur et qui, aussitôt après l’élection, est retourné vaquer à ses occupations, comme si de rien n’était, comme l’avait fait le frère d’en face quatre ans plus tôt. C’est lui le véritable héros. Les opposants gambiens ont également su se mobiliser et rester unis pour atteindre un objectif commun sans querelle manifeste de leadership.
Comme soutien de taille, le Peuple gambien a su compter sur un Peuple sénégalais avec qui il forme un grand ensemble, le Peuple sénégambien que tout unit dans une parfaite interdépendance : la langue, la culture, la religion, l’économie mais surtout d’étroits liens de parenté, donc de sang. Le Sénégal a eu la chance d’avoir, en ce moment précis de son histoire, un chef d’Etat lucide, éclairé et responsable qui a su rallier à cette juste cause non seulement son propre pays, y compris l’opposition qui, globalement, a su faire montre de patriotisme, mais aussi la sous-région (Cedeao), l’Afrique (l’Ua) et le monde (Onu).
Eureka ! L’Afrique, dans une parfaite symbiose, a trouvé la parade : parler d’une seule voix.  Elle a fait vite et bien. La main du bon Dieu n’était pas loin dans un contexte géopolitique favorable où aucune force n’a pu ramer à contre-courant. Le Président du Sénégal a pris la précaution d’avoir la légalité internationale avec lui, en plus de la légitimité nationale du Président nouvellement élu en Gambie qui, soulignons-le, a fait preuve non seulement de réalisme, mais encore d’humilité et d’ouverture. De la Cedeao, de l’Union africaine et des Nations unies, le Président sénégalais a respecté et la procédure et les conventions qui nous lient à ces institutions internationales. Comment faire mieux ?
Après la liesse populaire de citoyens gambiens qui nourrissent l’espoir d’un lendemain meilleur, place au travail. Le développement doit nécessairement accompagner l’autre mamelle qu’est la démocratie. Pour bien entamer le virage, il convient de commencer par un bon casting. Que ceux qui ont gagné ensemble l’élection présidentielle gèrent ensemble le pays avec, toutefois, un bon casting pour le choix de compétences aux postes stratégiques, que celles-ci se trouvent en Gambie ou dans la diaspora.
En Afrique, on est prompts à recruter des sélectionneurs étrangers en matière de sport, pour les équipes de football notamment, alors qu’on en aurait plus besoin dans le champ politique au vu des contre-performances de certains décideurs qui appauvrissent leur pays plus qu’ils ne le développent. En Gambie, nous avons foi en cette troisième république dont l’équipe dirigeante n’a d’autre choix que de libérer les énergies et de donner l’exemple par l’éthique, les valeurs et l’ardeur au travail. Les fondements d’une république moderne sont à asseoir : la justice, l’égalité des droits, la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, le raffermissement de la notion de service public, la liberté et la démocratie. Par-dessus tout, la solidarité du peuple sénégambien doit demeurer le socle sur lequel la grande œuvre de construction doit être bâtie pour l’éternité.
A la presse et à l’opposition, qui doivent rester chacune dans son rôle, sans entrave à l’exercice de celui-ci,  nous en appelons au sens des responsabilités, davantage en période de menaces sérieuses à la paix, à la stabilité, voire à l’intégrité territoriale. La cohésion nationale doit être placée au-dessus de toute autre considération. Nous en sommes tous, sans exception, les principaux garants, quel que soit le régime en place, aujourd’hui comme demain. A chacun son tour chez le coiffeur.
Grand merci aux chefs religieux et coutumiers. Comme à l’accoutumée, Ils ont largement contribué à l’apaisement et à nous rappeler notre devoir de maintenir la paix dans la justice, d’offrir l’hospitalité à des êtres humains dans le désarroi, et en toutes circonstances.
Aux familles sénégalaises qui ont accueilli et hébergé leurs frères et sœurs gambiens, sachez que vous l’avez fait pour la Sénégambie, donc pour vous-mêmes. Un bienfait n’est jamais perdu.
Tout cela mis ensemble, donne un bel exemple que le grand Peuple de Sénégambie offre au monde : pouvoir se tirer d’affaire, d’une situation plus que délicate en l’occurrence. Il faut savoir dire merci, sans préjudice du droit de critiques. Alors, merci à notre Président qui a su nous y mener en confirmant, pour le Sénégal, un leadership affirmé, avec la manière, sans qu’aucune goutte de sang ne soit versée, et en mettant d’accord la communauté internationale. En diplomatie, il faut savoir parler doucement en faisant entrevoir le bâton.
Pour toutes ces raisons, nous prions simplement. C’est ce Peuple de Sénégambie, uni et solidaire, que l’on aimerait toujours voir debout et vigilant. Nous ne pouvions manquer d’exprimer notre fierté d’être sénégambien au moment où le monde entier nous observait et où il était plus facile de créer des problèmes plutôt que de trouver une solution. Il fallait le faire et nous l’avons fait et réussi.
God save and bless Senegambia. Thank you all. Au-delà de nos frontières, n’est-ce pas là quelques actes d’intégration qui sont posés entre le Sénégal et la Gambie, ensuite avec les Peuples de la Cedeao avec une décision commune, une armée commune et comme sur un territoire commun.

Biram Ndeck NDIAYE – Auteur

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