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Le service de la justice a été complètement paralysé hier sur l’ensemble du territoire. «Il n’y a pas d’exercice du pouvoir judiciaire dans tout le pays», s’est réjoui Me El Malick Boune Ayé Diop, secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust). La Chambre criminelle était la seule juridiction à fonctionner au Palais de justice de Dakar grâce au concours du greffier ad hoc. En fait, cette situation est inhérente à la grève de 72 heures décrétée par les travailleurs de la justice. Le Sytjust exige du gouvernement l’adoption de 5 projets de décret pour mettre en œuvre un certain nombre de réformes qui vont prendre en charge les revendications des travailleurs de la justice. Selon Me El Malick Diop, «ce sont des réformes fondamentales sans lesquelles le service public de la justice ne serait de bonne qualité». Les travailleurs de la justice revendiquent, en outre, l’amélioration de leur traitement salarial. Selon toujours Me Diop, ils contribuent de manière significative à l’exercice du pouvoir judiciaire alors que la rémunération ne suit pas. Par conséquent, Me Diop et ses camarades exigent du gouvernement «l’allocation d’une indemnité de logement, l’augmentation de l’indemnité de participation à la judicature et l’octroi du prix d’incitation à la célérité de la participation».
Me Ameth Touré, chargé de communication du Sytjust, trouve que «la justice de notre pays est malade». D’ailleurs, rappelle-t-il, «récemment, l’Ums avait engagé des travaux pour demander plus d’indépendance dans l’exercice du pouvoir judiciaire». Et de leur côté, les travailleurs de la justice ont engagé une série de réformes de la justice depuis 4 ans. «Nous avions scellé un pacte de confiance avec l’Etat du Sénégal et travaillé dans une synergie d’actions pour mettre en réforme d’ambitieux projets pour la justice», a-t-il rappelé. Malheureuse­ment, la plus importante réforme proposée par l’Etat a été reléguée au second plan. Il s’agit, précise-t-il, des réformes qui portent sur les ressources humaines. Conscient que l’accès à la justice est un droit pour tous les citoyens, le Sytjust a pensé qu’il fallait travailler sur les ressources humaines pour permettre aux travailleurs de répondre aux aspirations du Peuple sénégalais. Et c’est en ce sens que le Sytjust avait proposé une série de réformes qui portent, entre autres, sur l’adoption du projet portant organisation et fixant les règles de fonctionnement du Centre de formation judiciaire. Ce projet a été transmis, renseigne Me Touré, au secrétariat général du gouvernement par la Chancellerie et un comité technique a été consacré à son examen le 14 juin 2017. «La Chancellerie a été requise par le secrétariat général du gouvernement aux fins de produire les 60 exemplaires afin que le texte puisse être examiné en Conseil des ministres», dit-il. Mais après examen, le Sytjust «a relevé une frilosité inacceptable de la part du gouvernement».

Des salaires qui n’excèdent pas 120 mille francs
Mais depuis 3 ans, ils travaillaient en parfaite synergie avec la Chancellerie qui n’a pas pu «faire adopter les textes» de réforme. Ce qui a remis en cause, se désole le chargé de communication du Sytjust, le contrat de confiance qui a été scellé entre les parties car, de l’avis de Me Touré, rien ne pouvait s’opposer à l’adoption d’un texte pour lequel ils ont travaillé d’accord partie. Le deuxième projet de réforme est celui portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de la justice. Là aussi, selon le Sytjust, c’est le statu quo.
Conscients des désagréments causés aux populations, les travailleurs de la justice ne comptent pas néanmoins baisser les bras si leurs objectifs ne sont pas atteints. Ils exigent à ce que toutes ces réformes entreprises depuis trois ans soient appliquées. A cause de la «précarité», certains fonctionnaires de la justice sont obligés de s’exiler dans d’autres secteurs de l’Administration pour gagner leur vie «parce qu’il y a des pères de famille qui ne gagnent pas 120 mille francs», déplore Me Touré.
justin@lequotidien.sn

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