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Ces dernières années, on avait fini de s’habituer à une presque accalmie dans le secteur de la santé. A part quelques grèves sporadiques, le secteur se portait plus ou moins bien. Cependant, 2018 a été une année mouvementée, marquée d’abord par la panne de la seule machine de radiothérapie, mais aussi des grèves du Sames et des agents de la santé (And gueusseum et Cadre unitaire des syndicats de la santé pour la justice sociale) qui continuent dangereusement de menacer l’équilibre du système de santé.

Les malades du cancer avaient démarré l’année 2018 avec beaucoup d’angoisse. La seule machine de radiothérapie dont dispose le pays était tombée en panne. Une situation désespérante pour les malades et difficile pour l’Etat qui n’avait pas d’autres alternatives que d’annoncer l’arrivée d’une machine de radiothérapie de dernière génération comme pour calmer la clameur née de la gestion de ce dossier. Main­tenant que notre pays dispose de trois machines de radiothérapie (une à Le Dantec et deux à l’hôpital Dalal Jamm), la colère est retombée. Pour autant, la prise en charge du cancer reste marquée de temps à autre par des ruptures de médicaments anti-cancéreux.
Passé cet épisode, le système de santé a dû faire face à la grève des Syndicats autonomes des médecins du Sénégal (Sames). Pendant plusieurs mois, les médecins ont boudé les salles de consultation, plongeant le système dans une paralysie certaine. Ils réclamaient une indemnité et une rémunération plus équitable. Après plusieurs rencontres avec la tutelle, le ministre de la Fonction publique et celui des Finances, mais aussi des promesses non tenues, les médecins durcissent le ton et décident de centraliser les urgences. Une décision lourde de conséquences pour les populations. Le Premier ministre entre alors dans la danse et décide de leur octroyer une indemnité de représentation de 250 mille francs Cfa. Cette décision met fin à cette grève, mais elle déclenche le courroux des agents de santé qui voient en cet acte une injustice et une intention d’opposer les différents corps qui composent le système de santé.
Regroupés en coalition (And gueusseum, Cadre unitaire des syndicats de la santé pour une justice sociale), les syndicats des agents de la santé engagent la bataille. And gueusseum, qui en est à son 17ème plan d’actions, multiplie les grèves, les marches et protestations. Ils refusent de vacciner les enfants malgré l’arrêté du ministre de la Santé et de l’action sociale. Ils retiennent l’information sanitaire et plongent le système de santé dans le flou total. Récemment, le Cuss/Js s’est invité dans la bataille. Ce Cadre qui revendique la revalorisation des indemnités, le reclassement d’une partie des agents de santé comme les infirmiers et les sages-femmes, entre autres revendications, promettent l’enfer à l’Etat si jamais celui-ci refuse d’ouvrir des négociations sérieuses avec leurs organisations syndicales.
2018 a donc été très mouvementée pour le secteur de la santé qui avait connu une accalmie ces dernières années. Avec ces remous, le secteur est en train de rivaliser avec celui de l’éducation, marqué par une décennie de grèves cycliques. Le plus inquiétant est que la crise risque de perdurer. A entendre le discours guerrier des syndicalistes qui bandent les muscles et celui du gouvernement, notamment le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr qui disait, lors du vote du budget de son département devant les députés, que l’Etat ne peut pas à tout-va distribuer les indemnités à tous les corps. On peut s’attendre à ce que le bras de fer continue en 2019.
ndieng@lequotidien.sn

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