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Les sinistrés de l’incendie du marché Kermel de l’année 1993 qui n’ont jusque-là pas été recasés haussent le ton. Ils refusent de rejoindre le centre commercial construit à quelques mètres par l’équipe de Khalifa Sall pour plusieurs raisons.

Le maire de Dakar fait face à un nouveau front. Les sinistrés de l’incendie du marché Kermel de l’année 1993 sont ses nouveaux adversaires. Le centre commercial construit juste derrière le marché par sa municipalité constitue le nœud de la guerre entre les deux parties. Il s’agit d’un bâtiment R+3 abritant un parking sous –sol de 115 places, une banque, un bar restaurant au rez-de- chaussée, une mosquée au 1er étage et un restaurant moderne au 3eme étage. Hier après midi, le temps d’une conférence de presse, les vendeurs d’objets d’art, de fleurs et consorts ont stoppé leurs activités. Les brassards rouges arborés par hommes et femmes attirent l’attention des visiteurs qui vaquaient tranquillement à leurs occupations.
Face aux journalistes, ces marchands ont déploré le placement de la banque et du bar restaurant au rez-de- chaussée du centre commercial. Ils accusent Khalifa Sall de vouloir chercher à gagner de l’argent sur ce point au détriment des «ayants droit», c’est-à-dire les sinistrés. Tapssirou Ly, porte parole du jour a rappelé avec regret que l’équipe du maire socialiste de Dakar «a érigé 341 cantines dont 70 au rez- de-chaussée, les 271 autres restants aux 1er et 2eme étages. Alors qu’au départ, elle avait promis de construire 300 cantines de 4 mètres carrés chacune au rez-de-chaussée». Aujourd’hui pour eux, il est hors de question de déménager dans des cantines de 1 mètre carré. En plus avec ce plan, disent-ils, les sinistrés ne seront pas tous recasés comme prévu. «Un espace qui ne peut pas contenir deux à trois djembé ne peut pas accueillir deux visiteurs», ironise un antiquaire trouvé à proximité du nouveau bâtiment. C’est pourquoi, M. Ly et ses camarades exigent le déplacement de la banque, du bar mais aussi de la mosquée logée au 1er étage.
Ils proposent que le lieu de culte soit au sous-sol, le reste au 2eme et 3eme étage pour avoir de cantines en quantité suffisante. Au cours de la rencontre, Pape Mor Sylla a tenu à faire une précision. Il dit : «Il ne s’agit pas de dédommager la marchandise déclarée lors de l’incendie de 1993. Mais de remettre les places déclarées lors du sinistre à toutes les personnes qui ont été identifiées à l’époque par la commission chargée d’évaluer les dégâts». Autre fait qu’ils récusent c’est la proposition de la mairie : «Tous les 122 sinistrés seront recasés gratuitement, mais ils occuperont les 1er et 2eme étages dans les petites cantines de 1m2. Et les bénéficiaires doivent payer la somme de 60 mille francs Cfa pour le loyer au 1er et 50 mille francs Cfa au 2eme, le reste est à vendre», dénoncent –ils. D’après eux, 23 ans de galère à cause de l’installation précaire, l’insécurité, la mauvaise image de marque, ça suffit. Toujours selon eux, seuls les marchands de denrées périssables ont été recasés à l’intérieur du marché à la suite de la réfection. Ils en appellent à l’arbitrage du chef de l’Etat, Macky Sall.
msakine@lequotidien.sn

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