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Le Syndicat des médecins vétérinaires du Sénégal (Smvs) est en colère. Ses membres sont exclus de l’indemnité de représentation médicale allouée aux médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, vétérinaires militaires, laissant en rade les vétérinaires civils.

Une sérieuse menace sur la consommation des produits d’origine animale plane sur la tête des Sénégalais. Pour cause, les médecins vétérinaires, chargés de veiller sur la sécurité sanitaire des produits animaliers, promettent un plan d’actions pour se faire entendre des autorités. «Nous avions au début privilégié le dialogue, mais ce n’est pas le bon chemin. Nous allons emprunter le bon chemin et nous allons nous battre», a soutenu samedi Dr Alioune Badara Kane Diouf, secrétaire général du Syndicat des médecins vétérinaires du Sénégal (Smvs). «Nous allons mettre en place des actions pour régler de manière définitive le problème. Nous n’allons pas accepter cela. Nous demandons au président de la République que cette injustice soit réparée», a-t-il enchaîné pour marquer leur détermination. A l’origine de leur mécontentement, «des frustrations» cumulées dont la dernière en date est l’institution par l’Etat, le 4 janvier, d’une indemnité de représentation médicale qui ne les concerne pas. «Aujourd’hui, on se lève et on constate qu’une indemnité de représentation médicale a été allouée aux médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, vétérinaires militaires, laissant en rade les vétérinaires civils comme s’il y avait deux types de diplômes, des vétérinaires qui sont plus méritants que d’autres», a fait remarquer Dr Kane, étalant son grand dépit face à la «décision discriminatoire». La conséquence de ce décret est que les vétérinaires militaires se retrouvent avec 250 mille francs pour cette indemnité alors que les civils stagnent à 180 mille francs. «C’est quelque chose qui doit nous revenir de droit parce que nous avons fait la même formation et il n’y a pas deux vétérinaires ici au Sénégal», a posé pour sa part Dr Anta Diagne. «Nous nous indignons du manque de considération de la part de l’Etat (…). A diplômes égaux traitements égaux», a exigé le secrétaire général du Smvs. Pour sa collègue, tout a été faussé dès la hiérarchisation. «Nous constatons que ces gens-là (médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, vétérinaires militaires) sont classés à la hiérarchie A1 spéciale. Pendant ce temps, nous sommes laissés en rade et classés à la hiérarchie A1. Ce qui veut dire que le traitement n’est pas le même et il y a donc une incidence indiciaire en début et en fin de carrière», a étalé Dr Anta Diagne, poussant la réflexion plus loin. Au nombre de leurs doléances, l’augmentation de l’âge de la retraite comme les autres vétérinaires. «Il y a un rallongement de l’âge de retraite à 65 ans pour les autres. Et jusqu’à présent, les vétérinaires civils sont scotchés à 60 ans alors que nous avons le même nombre d’années d’études et le même diplôme», a encore relevé le secrétaire général du Syndicat des vétérinaires civils qui a fait face à la presse samedi à Rufisque. Ils ont fait savoir qu’à cause du mauvais traitement infligé à leur corporation, beaucoup d’agents sont en train de quitter pour rallier le privé. «Sur les 40 médecins vétérinaires qui ont été recrutés en 2016, les 20 ont quitté pour le privé. Bientôt, on n’aura plus de vétérinaires dans l’Adminis­tration parce que les conditions sont déplorables», a avisé Dr Kane, appelant «solennellement» à les rétablir dans leurs droits.

abndiaye@lequotidien.sn

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