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Les grossesses précoces en milieu scolaire ne sont pas une fatalité. Grâce aux interventions du Projet d’éradication des grossesses dans les écoles en milieu scolaire (Pegpmiss), exécuté par l’Association sénégalaise pour le bien-être familial (Asbef), le phénomène est en chute dans 15 écoles de Kolda, Fatick, Pikine et Guédiawaye.

La mise en œuvre du projet d’éradication des grossesses précoces en milieu scolaire au Sénégal (Pegpmiss) a sensiblement réduit le nombre de grossesses dans les écoles ciblées par ce projet. Elles sont passées de «228 en 2016 à 14 grossesses en 2018, dans 15 écoles de Kolda, de Fatick et de Pikine Guédia­waye», renseigne la Directrice nationale de l’Association sénégalaise pour le bien-être familial (Asbef). Des résultats «importants», selon Marie Louise Corréa qui prône la vigilance. «Dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire, on ne peut jamais considérer les acquis comme définitifs», note-elle modestement.
La région de Kolda, une zone réputée en matière de grossesses précoces en milieu scolaire, a enregistré des résultats assez satisfaisants dans les 10 écoles d’intervention du Pegmiss. «Nous avions trouvé une situation assez préoccupante au début du projet avec 104 grossesses précoces en milieu scolaire enregistrées dans la région», informe El Hadji Mfaly Sané, point focal du Pegmiss. Après la mise en œuvre de la phase 1 du projet, l’équipe du point focal de cette région a vu le nombre de grossesses baisser jusqu’à 41 en 2017 et en 2018, avant de passer à 3, souligne El Hadji Mfaly Sané.
A Pikine, la situation est moins alarmante puisque de l’avis de Mamadou Mbaye, point focal de la zone, au début de la mise en œuvre, «on pouvait retrouver une dizaine de grossesses dans une école, aujourd’hui, dans les 15 écoles concernées par ce projet, on a dénombré seulement une dizaine de grossesses sur l’ensemble».
Ces résultats ont été possibles grâce à un travail de sensibilisation intense. A Kolda par exemple, les responsables du Pegmiss ont d’abord lancé une pétition. Une manière, selon le point focal, de pousser les autorités à prendre des décisions en l’occurrence une loi pour lutter valablement contre le phénomène. Au niveau des écoles, les responsables ont créé des cercles thématiques où ils réunissent la communauté éducative. Ce groupe échange entre eux et produit des solutions contre le fléau dans leur zone. Des cercles thématiques sont également créés dans les communautés avec les autorités académique et territoriale pour permettre aux communautés d’exposer les difficultés auxquelles elles font face en matière de lutte contre les grossesses en milieu scolaire. «Et par des engagements ces autorités essaient de trouver des solutions», note M. Sané.
Pikine et Guédiawaye pour leur part ont monté des comités composés des Bajenu Gox, des professeurs, des représentants des parents d’élèves. Lesquels comités organisent périodiquement des séances de sensibilisation. «La réaction des élèves a été positive puisqu’on peut même voir dans certaines classes une inscription en haut du tableau ‘’zéro grossesse en milieu scolaire’’ faite par les élèves eux-mêmes», témoigne M. Mbaye, qui salue l’implication des jeunes dans ce projet.
Ce projet d’un budget de plus de 63 millions de francs Cfa s’est déroulé sur 2 ans et va bientôt prendre fin. Le défi pour l’Asbef, chargée de son exécution, est de capitaliser les acquis mais de passer à l’échelle nationale. Pour ce faire, elle compte sur les collectivités locales qui, selon l’Organisation, devront davantage s’impliquer dans la santé reproductive des jeunes adolescents. «On ne peut pas éternellement se faire accompagner par les bailleurs mais on peut multiplier les expériences acquises au cours de ce projet et pérenniser le travail», soutient Mfaly Sané. Le premier pas pour atteindre cet objectif, c’est la formation. Et c’est pour cette raison que le projet a eu à élaborer 7 modules sur la lutte contre les grossesses précoces. Des modules destinés aux professeurs et aux élèves.

ndieng@lequotidien.sn

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