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Au-delà du débat sur l’opportunité ou non de l’augmentation du nombre de députés, Macky Sall glisse là un traquenard sur lequel l’opposition risque de tomber. Face au nombre élevé de députés requis (16 au moins) pour avoir un groupe parlementaire, Manko est comme con­damnée à aller unie aux Législatives.

Macky Sall passe sans doute beaucoup de temps sur la calculette politique. Il a dû poser l’opération des Législatives de 2017 pour trouver un résultat. Juste ou pas, il anticipe sur une éventuelle coalition de toute l’opposition qui pourrait lui donner du fil à retordre dans certaines zones. S’il se retrouve, comme en 2012, avec un groupe parlementaire à l’image de celui du Pds, ses dissidents (Pape Diop, Baldé et autres), quelques petites surprises (comme avec Mansour Sy Djamil et Imam Mbaye Niang, membre de Bby), il ne fera que claquer les doigts. Mais, si le chef de l’Etat mise aussi sur les 15 de la diaspora, c’est parce qu’il espère faire le plein par le «raw gaddu (majoritaire)» et prendre de l’avance sur une éventuelle surprise. A eux seuls, les Sénégalais de l’extérieur font l’équivalent d’un groupe parlementaire. Mais l’autre piège tendu à l’opposition, c’est qu’avec 165 députés et son 1/10 pour avoir un groupe parlementaire, Macky Sall est dans sa logique de «réduire l’opposition à sa plus simple expression». Il l’avait déjà entamée en bloquant la transhumance parlementaire de groupe à groupe pour confiner les rebelles au statut de non-inscrit. Et Rewmi en a souffert. Mais plus tard, de 10, la majorité a rallongé le nombre à 15 pour éviter un autre groupe à côté de celui des Libéraux et démocrates. La douzième législature n’a pu enregistrer qu’un seul groupe de l’opposition devant la majorité automatique et mécanique de Benno bokk yaakaar. Et dans la perspective de 2017, il serait peu probable, même pour le Pds, a fortiori avec cette fois-ci 16 élus au moins, de conserver son groupe. C’est pourquoi Manko wattu Senegaal risquerait gros si elle ne trouve pas la formule- idéale- d’aller aux élections sous la bannière d’une liste unique comme souhaité par Mamadou Diop Decroix lors de sa tournée dans le sud. Faute de ne pas réussir à étouffer les égos de ses nombreux leaders ambitieux (Idrissa Seck, Karim Wade ?, Gackou, Abdoul Mbaye…), les listes nombreuses et en solo offriraient peu de chance d’avoir des groupes parlementaires et ne feraient que l’affaire du «plus fort reste».
hamath@lequotidien.sn

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