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La scène politique internationale de ces dernières années a ceci de particulier qu’elle a réussi à mettre à nu l’asymétrie des rapports entre les grands dirigeants de ce monde et les groupes d’Etats ou communautés que représentent les pays les moins industrialisés, constitués particulièrement par les Etats du tiers-monde.
Et cette crise qui affecte les rapports à l’interne est liée au facteur de la pauvreté de ces groupes d’Etats qui n’ont pas les mêmes moyens, ni industriels ni militaires qu’ont les pays industrialisés. Il en est ainsi de ce qu’on appelle la guerre asymétrique, comme l’expression d’une guerre menée par des parties dont les forces sont inégales. Et ce phénomène, il faut le reconnaître, n’est pas nouveau.
La Bible, dans son Ancien Testament, présente bien cette forme de guerre, relatée par l’histoire du triomphe de David sur Goliath. En effet, l’Armée du roi Saül avait été incapable d’affronter l’Armée puissante et réputée invincible des Philistins. Aucun soldat ne voulant se mesurer au géant Goliath, champion des Philistins. Le Livre Saint raconte ainsi que c’est David, jeune berger, qui releva le défi. Se saisissant de sa fronde, David lança une pierre qui frappa le géant Goliath au front. Le géant tomba, face contre terre. Et David, se précipitant sur lui, dont il sortit l’épée du fourreau, lui trancha la tête, après lui avoir porté plusieurs coups d’épée. Pris de panique, les soldats philistins s’enfuirent.
Cette histoire racontée par l’Ancien Testament nous apprend ainsi que la guerre asymétrique n’est pas un phénomène nouveau. Sauf qu’il faille ajouter que le guerrier apparemment le plus faible ne gagne pas forcément la bataille, et encore moins la guerre, aussi facilement.
Dans le cas des attentats ou actes de terrorisme, nous notons assez souvent que les conflits sont purement liés à des intérêts d’un Etat dominant sur un autre réputé moins faible. Il en est ainsi du conflit qui affecte le Mali, dont on dit qu’il serait lié à des odeurs de gaz, de pétrole et d’uranium. Et l’exploitation de l’uranium de Kidal en cours depuis 2013 par la France, avec la complicité de la Coordination des mouvements terroristes de l’Azawad (Cma), groupe qui, précisons-le, comprend des troupes armées terroristes touaregs et arabes, justifie à bien des égards la défaite de l’Armée malienne face aux rebelles terroristes. Ces rebelles (reconnaissons-le), ayant certainement bénéficié du soutien d’une «main invisible», l’appui d’une autorité étrangère, plus particulièrement française, ajouté à celui de partenaires ou alliés, précisent certaines sources.
La France a donc toujours une mainmise sur ses anciennes colonies. Et au Mali, tout est organisé de telle sorte que les intérêts de l’hexagone soient précieusement préservés. Et c’est ainsi que les groupes terroristes dans le Nord du Mali y sont maintenus afin d’assurer la réalisation de la fin politique que s’est justement fixée la France dans cette partie de notre continent. Se dessine ainsi, par cet exemple, une relation asymétrique, facteur de désordre, d’inégalités et de violence.
Ainsi, la pauvreté caractérisée des populations maliennes a été exploitée, plus particulièrement par les groupes djihadistes qui, rapidement, ont détecté les failles dans la gouvernance, et qui expliquent les frustrations de certaines communautés. Et c’est ce qui est intéressant de constater dans ce phénomène de crise. En effet, tout se passe comme si la crise donnait lieu à une autre crise, à l’interne cette fois-ci, entre populations d’un même pays. Et les événements survenus récemment dans le centre du pays dessinent un conflit «endogénéisé», s’exprimant à travers cet odieux massacre survenu dans un village peul situé dans le centre du pays. Des images insoutenables dans une zone qui enregistre désormais l’attaque la plus meurtrière depuis le début de la crise malienne en 2012. Images d’autant plus odieuses qu’elles reflètent une terreur systématique exercée par un groupe sur un autre, appartenant à la même sphère géographique. Et il est regrettable de constater que ces affrontements entre la communauté peule et les ethnies bambara et dogon se multiplient depuis l’apparition, dans le centre du Mali, du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Kouffa, ce dernier ayant l’habitude de recruter ses hommes prioritairement parmi les Peuls.
La question qu’il importe de se poser, c’est comment autant d’armes sont-elles devenues disponibles dans le centre du Mali, tuant 160 personnes dans la zone d’Ogassougou et surtout ciblant essentiellement une communauté spécifique, les Peuls ?

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