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Amnesty international et l’organisation Tournons la page réclament la libération immédiate «et sans condition» de Saïkou Yaya Diallo, chargé des questions juridiques du Fndc, arrêté le 7 mai et inculpé pour «voie de fait, violences, menaces et injures publiques»

Amnesty International et l’organisation Tournons la Page ont déclaré hier, dans un communiqué conjoint, que «la détention arbitraire et le harcèlement judiciaire de militants traduisent la volonté des autorités d’étouffer les voix dissidentes en Guinée».
Selon les informations reçues, le Coordonnateur national adjoint de Tournons la page, Oumar Sylla, boucle son troisième mois en prison aujourd’hui et ses trois demandes de liberté provisoire refusées. Saïkou Yaya Diallo est maintenu en détention avec un état de santé inquiétant.
Le Coordonnateur adjoint de Tournons la Page en Guinée et responsable de la mobilisation du Front national pour la défense de la Constitution (Fndc), Oumar Sylla alias Foninké Mengué, a été arrêté après une intervention dans une émission de radio le 17 avril dernier puis inculpé une semaine plus tard pour «communication et diffusion de fausses informations». Rappelons qu’il avait appelé, au cours de cette émission, les membres du Front à se préparer à reprendre les manifestations pour s’opposer à la «nouvelle» Constitution qui modifie le nombre maximum de mandats présidentiels pour permettre au Président Alpha Condé de se représenter une troisième fois. Il avait aussi dénoncé les homicides, les actes de torture, la détention arbitraire et le harcèlement dont ont été victimes des membres du Fndc dans la ville de N’Zérékoré, dans le Sud du pays, lors des élections législatives du 22 mars, et désigné des membres du parti au pouvoir et des autorités locales qu’il jugeait responsables de violations des droits humains.
D’après la déclaration, depuis le 28 avril de nouvelles charges de «violences et menace de mort» pèsent sur lui. Les trois demandes de liberté provisoire déposées par ses avocats ont été rejetées. Une quatrième datant du 9 juillet n’a pas encore reçu de réponse de la Cour d’appel.
D’après Amnesty international et Tournons la page, le maintien en détention de Oumar Sylla est «l’expression de leur volonté de faire taire toutes les opinions qui s’expriment contre une candidature à un troisième mandat du Président Alpha Condé avant la prochaine élection présidentielle». Ils demandent sa libération immédiate et sans condition.
Saïkou Yaya Diallo, chargé des questions juridiques du Fndc, diabétique, a été arrêté le 7 mai et inculpé pour «voie de fait, violences, menaces et injures publiques». Il s’est par ailleurs vu refuser la liberté provisoire pourtant ordonnée par la Cour d’appel depuis le 21 mai.
Les organisations signataires, compte tenu de son état de santé et des cas de Covid-19 à la prison de Conakry, appellent également les autorités à «libérer immédiatement et sans condition Saïkou Yaya Diallo».
Kiné-Fatim Diop, chargée de campagne sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty Interna­tio­nal, a quant à elle déclaré que «Oumar Sylla et toutes les personnes emprisonnées pour avoir simplement exercé leur liberté d’expression, sont les cibles d’une stratégie des autorités   visant à étouffer les voix dissidentes».
Ibrahima Diallo, coordinateur de Tlp-Guinée, ajoute que «les autorités s’acharnent contre les activistes pro-démocratie en fabriquant des charges et en alourdissant le processus judicaire afin de prolonger leur temps de détention. Ces activistes n’auraient pas dû passer un seul jour en prison».
Amnesty International et Tournons la page appellent les autorités à impérativement respecter leurs engagements en matière de protection des droits humains.

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