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Le ministre de la Justice guinéenne a annoncé la fin de l’instruction du dossier sur le massacre de plus de 150 personnes, perpétré au stade du 28 Septem­bre en 2009. Pour autant, il n’a pas annoncé une date pour l’ouverture de procès tant attendu par les victimes.

«L’instruction est entièrement terminée», a déclaré le ministre de la Justice guinéenne, Cheikh Sako, sur le site 360 Afrique. Il a par la suite annoncé la nomination prochaine des membres du comité de pilotage récemment mis en place pour préparer la phase du jugement. Mais selon le site, le ministre guinéen s’est cette fois-ci interdit d’annoncer une date, s’abritant derrière la complexité du dossier et les moyens financiers et logistiques que demande le procès. «Un tel procès ne demande pas seulement d’avoir de bons magistrats, il demande aussi des moyens», a dit le ministre de la Justice qui, par le passé, avait annoncé deux dates sans pour autant les respecter. Il avait promis le procès en 2016, puis en 2017. Il a quand même rassuré que le procès va se tenir en Guinée et que les magistrats guinéens sont prêts. Une déclaration qui, selon les informations de 360 Afrique, tuerait les espoirs de ceux qui ont toujours voulu que ce dossier soit jugé par la Cour pénale internationale. Cette volonté a été surtout exprimée par quelques victimes et les anciens avocats du plus célèbre des accusés Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, qui ont annoncé leur retrait du dossier depuis le 20 décembre passé.
Ayant de nombreux griefs contre la procédure, les avocats Paul Yomba, Aboubacar Sylla et Lanciné Sylla ont préféré quitté leur client «malade» au lieu de l’accompagner dans cette procédure qu’ils disent «influencée par l’Exécutif». Des critiques auxquelles le Parquet n’a jamais voulu répondre.
L’instruction a commencé en 2010 avant d’être conclue par l’ordonnance de renvoi du 29 décembre 2017. Il aura pris 7 ans. Durant cette période, la justice guinéenne a été parfois critiquée pour sa lenteur. Le gouvernement guinéen a été aussi attaqué par son manque de volonté à faire tenir un procès sur ces faits qualifiés de crime contre l’humanité. «Le discours officiel ne s’est à ce jour pas suffisamment traduit en actes et le gouvernement guinéen a pris trop peu de mesures significatives pour que justice soit rendue aux victimes du massacre et autres exactions», notait déjà en novembre 2012 l’Ong Human rights watch.

ndieng@lequotidien.sn

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