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Les résultats du 31e concours de haïku ont été révélés hier. Sur un total de 8 distinctions, 6 sont l’œuvre de demoiselles ou de dames. Le premier prix est d’ailleurs une jeune lycéenne de Dakar. Ce qui a fait dire au professeur Amadou Ly, membre du jury, que les hommes sont relégués à l’arrière-plan ces dernières décennies et que les femmes ont pris le pouvoir de l’esprit de l’intellect.

Les lauréats du 31e concours de haïku ont été révélés hier. Pour cette année, sur les 8 vainqueurs, la gent féminine remporte 6 distinctions. C’est pourquoi le professeur Amadou Ly, parlant au nom du jury, n’a pas manqué de s’inquiéter et de se demander ce qui justifiait le recul des hommes. «C’est bien dommage que les 5 règles les plus élémentaires du haïku, expression d’un sentiment en rapport avec une saison, l’environnement etc. ne soient pas toujours comprises et pratiquées malgré les rappels», déplore-t-il. D’un autre côté, le constat est, pour lui, que les tentatives de pratiquer le haïku dans les langues nationales n’ont pas beaucoup prospéré bien que nos langues se prêtent pratiquement à sa pratique.
Quant aux lauréats, pour une première participation, Fatou Bintou Diouf, élève en classe de 4e, a remporté le 1er prix, pour son poème : Deux gouttes de pluie/ gèlent sur l’ardoise bleue/ les pleurs de l’hiver.
Le second meilleur poème est celui de Rita Siga Diouf, étudiante en banque finance assurance. Bernard Diouf, étudiant en informatique et, incidemment, frère de la lauréate du 2e prix, a décroché le 3e prix. Il est également l’un des deux hommes à avoir pu sauver l’honneur de la gent masculine dans ce concours. Son poème parle d’une girafe, un animal caricaturé par un dessinateur moderne. A côté des 2 prix d’encouragement, il y a eu 3 prix spéciaux pour la participation étrangère.
Invitée à se prononcer, Fatou Bintou Diédhou, la 1ère lauréate, a soutenu qu’écrire ce poème n’a pas été chose difficile car elle s’est basée sur la neige pour le faire. «J’ai toujours rêvé de voir la neige, c’est pourquoi je me suis inspirée de l’hiver pour écrire mon haïku», lance-t-elle. Sourire aux lèvres parce qu’étant très heureuse, Mlle Diédhiou fera également comprendre qu’elle a été toujours amoureuse des poèmes, et passe la majeure partie de son temps à lire. Ce sont d’ailleurs ces raisons qui l’ont poussé à aimer le haïku. Lequel est un court poème traditionnel japonais, ne dépassant pas 3 vers de 5, 7 et 5 syllabes, qui décrit le sens de l’harmonie de la nature et des émotions humaines.
Bernard Diouf 3e prix, précédé par sa sœur, qui est sortie 2ème, ne cachait pas sa joie pour son prix et celui de sa parente. «Nous sommes contents car l’an dernier, nous étions venus pour soutenir notre frère qui avait remporté le 3e prix. Cette année-ci, c’est moi qui l’ait remporté. C’est une énorme joie, une fierté», dira-t-il. Cette prouesse, les frères Diouf la doivent à leur sœur aînée, grâce à qui ils ont connu le haïku, depuis une dizaine d’années. «Le haïku était un sujet de discussion à la maison. On jouait avec et on rigolait de quelques haïkus un peu farfelus des uns et des autres et je pense que ce travail-là a payé. Car depuis que nous avons commencé jusqu’à présent, nous avons remporté 4 prix», fait-il savoir.
Cette année, 648 textes ont été reçus, dont 88 de provenance étrangère. Pour Amadou Ly, membre du jury,  cette participation des candidats étrangers se confirme et contribue à donner à ce concours un statut de plus en plus appréciable. De même, la participation des femmes et des jeunes filles est désormais très remarquable aussi bien en quantité qu’en qualité. «Le constat de ces dernières décennies est que les femmes ont pris le pouvoir en commençant par la nature la plus essentielle, celle de l’intellect, et les hommes désormais relégués à l’arrière-plan», a-t-il commenté.
Encourageant ceux qui sont primés et ceux qui ne le sont pas, le président de l’Association des écrivains du Sénégal(Aes), Alioune Badara Bèye, a appelé à une sensibilisation au niveau des régions car là-bas les élèves sont très intéressés par le haïku. «Il faut créer des conditions de contact avec eux à ce genre extrêmement difficile mais exaltant. Le haïku c’est un talent d’abord parce que c’est précis et concis», assure-t-il.
mfkebe@lequotidien.sn

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