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Seydou Diouf, président de la Fédération sénégalaise de handball

La Fédération sénégalaise de handball ne s’avoue pas encore vaincue. L’instance dirigée par le président Seydou Diouf, qui faisait face à la presse hier, va incessamment introduire un recours auprès de la Fédération internationale de handball (Ihf) pour casser le verdict ayant valu aux Lionnes une disqualification de la Can 2016 et du prochain Mondial 2017. Dans la même foulée, l’instance nationale a accusé la Confédération africaine d’avoir été influencée par l’Ihf.

Saisine des juridictions : «Un recours d’abord auprès de la Fédération internationale avant le Tas»
«Le recours va être bouclé cet après-midi (hier). Les avocats, comme Me Seydou Diagne, entre autres, s’affairent autour du dossier. Mais nous ne pouvons pas engager un recours sans avoir l’autorisation du ministre des Sports. Nous sommes délégataire d’un pouvoir. Je vais rencontrer l’avocat cet après-midi (hier). Le ministre des Sports m’a reçu mardi dernier et je lui ai fait le rapport circonstancié de tout ce qui s’est passé en Angola avec l’ensemble des détails. Il nous a dit que nous sommes en face d’un imbroglio juridique. Nous ne cherchons pas de soutien, la Fédération n’est pas responsable parce que nous avons aligné des joueurs qualifiés par la Confédération africaine de handball (Cahb). Même si son avis a conduit à la décision d’exclure le Sénégal de la Can, si nous sautons la Fédération international de handball (Ihf) pour introduire le recours directement au Tribunal arbitral des sports (Tas), on risque d’être débouté. C’est pourquoi nous allons saisir d’abord l’Ihf.»

Le rôle de la Cahb : «Elle n’a pas assumé ses responsabilités»
«C’est injuste ce qui nous arrive. Il faut aller jusqu’au bout. Contrairement aux commentaires, nous maîtrisons les textes qui régissent notre discipline. Avec tous les moyens mobilisés pour préparer l’équipe à prendre part à la Can, nous ne pouvons pas nous permettre de frauder. Le cas Doungou Camara n’est pas nouveau. La Cahb avait retiré son passeport lors du tournoi qualificatif aux Jeux olympiques pour dire qu’elle ne devait pas jouer pour le Sénégal en mars 2015 parce qu’elle sortait d’une Coupe du monde avec l’Equipe nationale junior de la France. Nous avons fait appel et le Comité exécutif a dit qu’au regard des statuts de la Cahb, Doungou Camara était qualifiée pour jouer pour le Sénégal. Nous avons déposé la liste des joueurs à un mois de la Can pour vérification de nationalité et de qualification et elle a été validée. Du coup, le problème de la qualification de Doungou Camara au niveau de la Cahb ne se posait plus. On reste dans un imbroglio.»

La règle des 3 ans : «La Fédération tout comme la Cahb, nous n’ignorons pas cette règle, mais…»
«Nous n’ignorons pas la règle des trois ans. La Cahb aussi connaît bien cette règle. Mais on est en droit se poser une question : Pourquoi avoir statué pour dire que la joueuse est qualifiée en mars 2015 et revenir après pour dire qu’elle n’est pas qualifiée ? Nous estimons que la Cahb n’a pas assumé ses responsabilités. Elle s’est laissée influencer par l’Ihf. Nos droits ont été bafoués, on a statué sans nous convoquer encore moins nous auditionner. Le jury d’appel a statué hors délai. Le Sénégal n’a reçu le Pv qu’à 12 heures. Le jury d’appel est dirigé par le président de la Fédération angolaise de handball. Et tout le monde savait que le Sénégal pouvait être la seule équipe qui pouvait créer des problèmes à l’Angola. Nous n’allons pas baisser la tête parce que nous n’avons pas fauté. Beaucoup de pays se sont solidarisés à nous. C’est le cas de l’Algérie. Le Congo a refusé la proposition de jouer la troisième place.»

Faiblesse des textes de la Cahb : «Ce sera notre premier combat»
«Notre premier combat est de se battre pour une meilleure qualité des textes au niveau de la Cahb. Il faut que les textes soient revus. Des interprétations peuvent être multiples, il faut que beaucoup de choses soient précisées.»

Rumeur d’une suspension de quatre ans des Lionnes : «Nous n’avons reçu aucune notification»
«Nous n’avons pas encore reçu de notification d’une suspension de quatre ans. Nous n’avons pas été informés d’une quelconque sanction de la joueuse ni de l’équipe.»

Avenir de l’équipe : «D’autres renforts de binationales sont en vue»
«L’équipe attend d’être renforcée par d’autres joueuses, d’autres binationales qui attendent que la durée du délai soit épuisée. Mais l‘ambition est de ne pas rester sur le rayonnement d’une sélection nationale composée uniquement d’expatriées. Au niveau national, l’Académie fédérale est un projet qui nous tient à cœur. Le tournoi de Ziguinchor, prévu les 26 et 30 décembre, est reporté à cause de la situation politique en Gambie. Une décision prise après concertation avec le gouverneur de ladite région. Il n’est pas sûr de déplacer des jeunes dans cette zone ces temps-ci. Nous nous inscrivons sur un processus de formation pour assurer la relève.»

Adja Maman Cissé, coéquipière de Doungou Camara : «C’est un faux problème»

Evoluant en France, l‘internationale sénégalaise Adja Maman Cissé qualifie «de faux problèmes» les raisons évoquées  pour valoir la disqualification du Sénégal de la Can et du Mondial. S’appuyant sur son cas qui est similaire à celui de Doungou Camara, l’arrière des Lionnes du handball dit avoir rejoint la sélection sénégalaise A en 2011, soit un an après avoir joué avec la France aux Championnats du monde junior. «Je suis arrivée en Equipe nationale du Sénégal en janvier 2011. Auparavant, j’avais joué les Championnats du monde junior en décembre 2010. Un an après, j’avais la nationalité sénégalaise pour pouvoir jouer», a précisé la joueuse hier en marge de la conférence de presse de la Fédé de hand. Soutenant que l’équipe a vécu «un drame» en apprenant la nouvelle, Adja Maman Cissé d’ajouter : «C’était une énorme déception pour toute la délégation. Cela a été un coup de massue pour nous tous parce qu’on n’a pas fauté», s’est-elle lamentée.

ambodji@lequotidien.sn

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