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Mouhamadou Makhtar Cissé, ministre du Pétrole et des énergies

Le Sénégal cherche à se positionner sur le marché régional de l’électricité en perspective de l’exploitation prochaine de ses réserves en gaz. Ce qui justifie que, malgré ses difficultés actuelles et en dépit des peines à recouvrer son dû, le pays continue à fournir de l’électricité au Mali et à la Guinée, en attendant peut-être aussi d’autres pays dans le futur.

Le marché de l’électricité régional est confronté à un certain nombre de difficultés. Entre autres, le ministre du Pétrole et des énergies a souligné les garanties de paiement. «La difficulté de notre marché, ce sont les garanties de paiement. Et tant qu’on n’aura pas ces garanties que si on vend on va être payé, on ne pourra pas développer notre marché», estime Mouhamadou Makhtar Cissé qui animait hier un atelier de sensibilisation, d’information et de partage avec la presse économique à Saly. A son avis, «le marché de l’électricité est encore à un état embryonnaire en Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire vend à la Sierra Leone, vend un peu au Mali et achète certainement du Ghana. Et nous, on a voulu nous positionner sur ce marché, parce que souvent l’acheteur va continuer à acheter là où il a l’habitude d’acheter. Ce sont les habitudes de consommation. C’est pourquoi très tôt, on s’est positionné sur le Mali. Ce n’est même pas pour chercher de l’argent, c’est pour donner l’habitude au Mali d’acheter avec nous pour que dans la perspective où on a annoncé le gaz sénégalais, on va avoir beaucoup d’énergies». Selon le ministre du Pétrole et des énergies, le Sénégal «s’est positionné sur le Mali plus pour l’avenir que pour l’immédiat, pour gagner un milliard ou deux. Si le Mali à l’habitude d’acheter au Sénégal, il va rester avec lui. Mais s’il prend l’habitude d’acheter avec la Côte d’Ivoire, après même si on a de l’énergie, on ne pourra pas lui vendre. C’est pourquoi on a vendu au Mali. Mais on continue à donner un peu à la Gambie pour la garder avec nous, parce que si la Gambie n’a pas l’habitude de commercer avec le Sénégal, si demain la Guinée, avec ses barrages, peut lui donner même si elle est à l’intérieur du Sénégal, elle va acheter là-bas».
Le ministre a précisé qu’à l’état actuel, le Sénégal ne peut pas stocker de l’énergie. Par conséquent, il est obligé de la vendre. «Ce sont des problématiques qui existent dans le secteur. Elles résultent de la réalité de notre système qui n’est pas uniformisé, où toute l’énergie est produite en prévision des besoins à venir parce qu’on ne peut pas attendre d’électrifier pour produire de l’énergie. On produit et on continue à électrifier les villages. Le parc du Sénégal a aujourd’hui 1 200 mégawatts. Nous en consommons à peine 700 en pointe. C’est de la stratégie et de l’intelligentsia économique pour positionner notre pays», a assuré M. Cissé. Qui n’a pas manqué d’aborder l’autre particularité qui fait que l’énergie renouvelable ne peut pas être utilisée massivement. Il a dit : «En Europe, les pays utilisent beaucoup d’énergie renouvelable, parce que leur pointe, c’est-à-dire le pic, c’est le jour, ils sont industrialisés. Chez nous, la pointe c’est le soir. C’est-à-dire à Dakar, vous avez 300 mégawatts le jour que nous consommons. Mais à partir de 19h jusqu’à 23h, on monte à 400, voire 450 mégawatts et dès 00h, ça commence à baisser jusqu’au petit matin. Quand tout le monde va en ville, on ferme les maisons et on éteint les téléviseurs. Cela baisse à 100 mégawatts et on n’aura besoin que le soir encore. Malheureusement le soleil se couche à 19h. C’est au moment où on a besoin qu’on perd l’énergie solaire alors que le stockage coûte trop cher.» Mieux, poursuit M. Cissé, «le kw/h est acheté, car ce sont des privés qui produisent l’énergie et qui la vendent à la Senelec à 60 francs, voire 70 francs. En y ajoutant le stockage, le prix du kw peut aller jusqu’à 120 francs Cfa pour être vendu aux Sénégalais à 115, voire 118 francs Cfa. Ce qui coûte déjà très cher. C’est cela qui fait qu’on ne peut pas, contrairement à ce que beaucoup disent, mettre du solaire partout. Si c’était aussi simple, on aurait pu mettre du solaire partout».
Par contre, annonce-t-il, «ce qui est envisagé dans le cadre de l’accès universel, c’est de multiplier le recours à cette énergie solaire. Il y a des zones assez éloignées du réseau où il n’est pas économique d’amener du réseau. On peut installer des mini-centrales solaires et des kits solaires pour alimenter ces zones. Donc il faut mixer un peu le système».

1 COMMENTAIRE

  1. Quand on se permet de vendre à l’extérieur ,c’est qu’on est liquide financièrement ,ce qui veut dire que cette hausse du coût de l’électricité ne se justifie point .Ce sont des aveux qui, loin de convaincre, ne font que semer encore plus le doute dans l’esprit des consommateurs sénégalais . Un audit indépendant et sans complaisance de senelec demeure une priorité , si bien sûr on a rien à cacher . Le temps , tôt ou tard ,donnera raison qu’il y’a bel et bien une gestion nébuleuse et incontrôlée de senelec…SOS Consommateurs ne lâchera pas , Inchaa Allaah .

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