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Au terme d’une mission à Dakar bouclée hier, le Fonds monétaire international s’est inquiété du niveau de la dette au Sénégal qui serait passé de 24% en 2014 à 30% en 2017. L’institution de Bretton Woods appelle à un assainissement budgétaire.

Au terme d’une mission entamée depuis le 7 septembre et qui s’est terminée hier, le Fonds monétaire international a eu des entretiens dans le cadre de la 5ème revue de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe). Mais si la croissance économique «devrait rester solide au-dessus des 6% et l’inflation se situerait à 2% en 2017», le niveau de la dette publique inquiète cette institution de Bretton Woods. «La dette publique a continué d’augmenter et le service de la dette qui était de 24% des recettes en 2014 pourrait atteindre 30% en 2017», relève Ali Mansoor, chef de la mission pour qui l’assainissement budgétaire doit se poursuivre. D’après lui, «les investissements dans le capital humain, l’amélioration du service public dans l’infrastructure publique sont menacés si tout l’argent est bouffé par le service de la dette».
Dans les conclusions du séjour du Fmi à Dakar, il est prévu que l’assainissement budgétaire de­vrait connaître un «léger ralentissement» en 2018, conduisant à un déficit de 367 milliards de francs Cfa, soit 3,5% du Pib, afin de dégager une marge pour exécuter les projets financés par des ressources concessionnelles. Pour éviter que cet assouplissement n’entraîne une croissance excessive du service de la dette à moyen terme, suggère le Fmi, «il sera essentiel de réduire les exonérations fiscales, d’intégrer des recettes quasi budgétaires dans le budget et d’assurer l’évaluation de tous les nouveaux projets d’investissement financés sur ressources intérieures. Si ces mesures sont appliquées en 2018, elles devraient contribuer à ramener le service de la dette aux niveaux de 2014 au cours des 10 prochaines années».

«Pour réaliser le Pse, il faut 6% de croissance
sur 30 ans»
D’après M. Mansoor, l’assainissement budgétaire «nécessitera la mobilisation des recettes intérieures, en particulier la suppression progressive des exonérations à faible incidence socioéconomique, la réduction des projets d’investissement financés sur ressources propres, qui n’ont pas été évalués par la banque intégrée de projets et une stricte limitation des financements nets du Trésor des opérations budgétaires de l’année en cours».
Par ailleurs, le Fmi décerne une note «globalement satisfaisante» à la mise en œuvre des programmes appuyés par l’Instrument de soutien à la politique économique. Mais si le Sénégal réalise pour la 3ème année consécutive une croissance de plus de 6%, le Fmi recommande au gouvernement de ne pas s’enflammer. «Le Pse n’est pas un sprint, mais une course de fond. 6% de croissance sur 3 ans, c’est excellent. Mais pour réaliser le Pse, c’est 6% sur 30 ans», indique Ali Mansoor.
bgdiop@lequotidien.sn

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