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La fameuse lettre que Cheikhna Cheikh Saad Bouh adressa à son frère, Ma El Ainin, fait l’objet d’un livre. Ceux qui en sont à l’origine ont fait une publication de l’œuvre qui véhicule les valeurs de paix dans un contexte marqué par les tensions qui rythment le monde.

Voici mise à la disposition du public la fameuse lettre que Cheikhna Cheikh Saad Bouh adressa à son frère, Ma El Ainin, en 1906. Dans cette missive, il exhortait son frère à abandonner la guerre sainte dans laquelle il s’était engagé contre le régime colonial français. Cette publication qui a été présentée il y a quelques jours au Musée des civilisations noires est le résultat du partenariat entre le Département d’histoire de l’Université de Cheikh Anta Diop et l’Association Salihina Wa Salihate. Un des moments forts de ce partenariat a été l’organisation, à l’occasion du centenaire du rappel à Dieu du Cheikh, d’un symposium international sur le thème «Questionner l’actualité du message de Cheikhna Cheikh Saad Bouh (1848-1917)», décliné à travers en un colloque scientifique et une exposition à l’Ucad les 23 et 24 mars 2017.
Le texte original de Nassiha est en langue arabe. Cette version a été délivrée par l’arrière-petit-fils de Cheikh Saad Bouh, Chérif Mouhamadoul Mamoune Haïdara, guide spirituel de l’Association Salihina Wa Salihate. Pour la version française, la traduction de l’Adminis­tration coloniale française a été publiée en 1909 par le comité de l’Afrique française et le comité du Maroc dans la revue Renseignements coloniaux et documents (pages 225-232). Et aujourd’hui, 113 ans après, c’est une chance pour Chérif Mouhamadoul Mamoune Haïdara de traduire le texte en anglais et en wolof. «Vraiment, c’est une chance pour nous. Et le message de Cheikhna, c’est la paix. Vous l’avez vu sur le livre dire que celui qui prend les armes s’éloigne de la vertu», indique son petit-fils qui souligne que son grand-père «avait une position par rapport à tout ce qui se passait à cette époque. Et c’était la paix». Bien que le livre de Cheikhna Cheikh Saad Bouh remonte à 1906, il apporte des réponses à des questions interpellant l’humanité à l’heure actuelle où on parle de sécurité et de paix. «Il s’adressait à Cheikh Mawlaini, son grand frère, à Cheikh Oumar et à beaucoup de religieux en leur disant que la meilleure solution, c’est plutôt de faire qu’il y ait beaucoup de musulmans et qu’il y ait la paix. Les colons n’ont jamais interdit à un musulman ou à un chrétien de croire en Allah. Il n’y a pas de problème. La cohabitation, je pense que Cheikhna en a beaucoup parlé. C’est quelqu’un qui respectait les gens», argumente Chérif Mamoune Haïdara qui a profité de cette présentation de l’ouvrage pour démonter «les contre-vérités» avancées contre l’islam. «L’islam, c’est la paix», a tenu à préciser M. Haïdara qui souligne qu’un «musulman doit être tolérant, il doit être vraiment pour la paix. Si on dit Allahou akbar, c’est que Dieu est grand. Je le dis haut et fort, je ne suis pas terroriste», a-t-il déclaré.
«Le terroriste et le musulman n’ont rien à voir», ajoute-t-il en précisant que celui qui lira le livre comprendra comment un musulman doit se comporter.
Ayant traduit le livre en anglais, Pr Ousmane Sène estime que c’est un livre qui a «beaucoup de pédagogie et de force de conviction», tout en souhaitant que beaucoup de personnes le lisent, surtout les jeunes que l’ouvrage va aider à adopter une démarche qui prônerait que la paix dans un monde où les tentations ne manquent chez les jeunes et dans un contexte marqué de tension sur fond de terrorisme, a laissé entendre Pr Ousmane Sène. Absent lors de la présentation du livre, l’un des maîtres d’œuvre, le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Ibrahima Thioub, a été représenté par le Pr Mamarame Seck.
ambodji@lequotidien.sn

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