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Photo d’illustration.

Depuis plus de 20 jours, il n’a pas plu dans le département de Podor. Une situation qui a plongé les paysans et éleveurs dans le désarroi.

Si dans le courant du mois de juillet 2020, les pluies étaient abondantes et récurrentes, tel n’est pas le cas pour le mois d’août. Depuis le début de ce mois, la pluie est devenue rare dans la partie nord du Sénégal. Cette rareté des pluies au cours de cette période est jugée inédite. Car dans le Fouta, le mois d’août demeure presque la période où des pluies y sont enregistrées. C’est pourquoi l’inquiétude est en train de remplacer peu à peu l’espoir de remplir les greniers de niébé, petit mil et autres, parce que ces cultures sont dans un état pitoyable. Leurs feuilles sont déjà fanées, faute de pluie. Dans certaines localités, les paysans qui avaient bénéficié de semences sélectionnées en mil et niébé adaptées à de courtes saisons de pluies sont désemparés. L’engouement des producteurs de Thilouki où l’agriculture sous pluie est une activité de grande envergure, malgré des saisons peu pluvieuses ces dernières années, s’est estompé. Alors qu’ils ont innové cette année, avec l’introduction de la culture de l’arachide. Dans l’île à Morphil, certains producteurs de riz commencent à cogiter sur la facture d’électricité à la fin de la campagne, car l’abondance des pluies est synonyme de moins de dépenses durant la campagne d’hivernage.
Ce manque de pluies n’est pas seulement dommageable chez les agriculteurs. Il affecte aussi le secteur de l’élevage qui est constitué en grande partie de transhumants. Ces bergers nomades avaient fini de rentrer dans leurs différents hamos dès les premières semaines du mois de juillet très pluvieuses. Il y avait la joie de vivre dans ces petits villages où l’ambiance était quasi quotidienne, car c’est à ces instants que des mariages sont célébrés en présence de griots et des musiciens et chanteurs locaux. Le retour de ces bergers transhumants au Fouta, après un long séjour (près de 9 mois) au Ferlo, au Sénégal oriental, au Saloum et parfois dans les pays limitrophes, montre l’installation définitive de l’hivernage dans cette contrée du Sénégal. Et pour démontrer qu’ils ont bien entretenu leurs troupeaux, ces bergers organisent des semaines durant des séances de «diaro» (courses du berger et son troupeau, accompagnées d’acrobaties et de coups de sifflet, très appréciées de la gent féminine), un art peulh. La plupart de ces festivités engendrées par un bon hivernage ont connu une pause durant ce mois d’août du fait de la pause pluviométrique. Aujourd’hui, le tapis herbacé jaunit jour après jour sous les yeux des éleveurs impuissants et résignés tout en implorant que le ciel rouvre ses vannes dans les prochaines heures.
Le département connait depuis des années, des saisons de pluies à double vitesse. Les années passées comme cette année, la partie située à la frontière avec la région de Matam, notamment les arrondissements de Saldé et Cas-Cas, reçoit plus de quantité de pluies que la partie du département comprise entre Ndioum et Fanaye.
Pour rappel, les prévisions de l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la météorologie (Anacim) avaient redonné l’espoir aux populations de s’adonner à la culture de l’arachide. Cet espoir d’une longue et pluvieuse saison a été réconforté par le début précoce de la saison des pluies dès le mois de juillet dans cette partie du Sénégal où l’hivernage ne dure que les instants du mois d’août.

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