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L’école est revenue hier dans l’homélie de l’évêque de Saint-Louis. Célébrant la messe solennelle clôturant la 131ème édition du Pèlerinage marial de Poponguine dont le thème était «Marie notre mère, offre nos souffrances à Jésus», monseigneur Ernest Sambou a évoqué «la souffrance des étudiants qui travaillent dans un climat trouble et dont les cours continuent parfois durant la période des vacances». «La situation de la souffrance ambiguë des élèves qui, innocemment, ne parlent que le wolof, même dans la cour de l’école», souligne le prêtre. Qui poursuit ses constats en indiquant que «certains professeurs se permettent de leur expliquer leurs cours en wolof, plutôt qu’en français». «Mais le problème, c’est qu’au moment des examens, ces élèves souffrent parce qu’ils se trouvent devant des sujets d’examen libellés en bon français qu’ils ne comprennent même pas. Et une demi-heure après la distribution des épreuves, une bonne partie quitte parce qu’ils n’ont rien compris. Voilà la souffrance de ces enfants qui passent le Bac parfois deux ou trois fois», a déploré Mgr Sambou. La conséquence, dira-t-il, le résultat des examens est inversé. Au lieu de 70% d’admis comme jadis au Baccalauréat et 30% d’échec, «c’est plutôt 30% d’admis et 70% d’échec. Cette situation est inquiétante et insupportable pour l’avenir de notre pays». «Un sursaut national ne pourrait-il pas être envisagé pour venir au secours ? Autour, les protagonistes travailleraient ensemble en vue d’une solution viable et durable qui mettrait fin à cette souffrance si récurrente», dit-il.
Parlant du thème, l’évêque de Saint-Louis est revenu sur la célébration de la messe du pèlerinage des malades des 7 diocèses du Sénégal qu’il avait présidée au même lieu le dimanche 10 février 2019. «Il y avait beaucoup de malades. Et pourtant, on ne saurait affirmer que tous les malades des 7 diocèses étaient présents à ce pèlerinage. Il y a lieu de reconnaître que la maladie a toujours frappé l’homme, elle l’a toujours terrassé. Non seulement l’homme, mais les êtres vivants, notamment les êtres humains qui ne parviennent même pas à la supprimer, malgré les prodigieux progrès de la science et de la médecine», a constaté Mgr Ernest Sambou. L’évêque de Saint-Louis de poursuivre en rappelant que l’une des réalités implacables dans la vie des hommes, c’est la souffrance. Et nul ne peut en échapper, car nous sommes confrontés à des données incon­tournables que sont la maladie, la vieillesse et la mort. Mieux, dira l’évêque de Saint-Louis, «ces trois entités nous apportent inéluctablement le lot de souffrances morales voire spirituelles».
Décortiquant le thème dans son homélie, il a rappelé aux fidèles chrétiens que la Vierge Marie, en acceptant d’être la mère de Jésus le sauveur, a manifesté non seulement son amour profond pour les humains, mais aussi son engagement à agir toujours en faveur de ceux qui souffrent. C’est pourquoi «elle ne supporte pas de nous voir souffrir. Elle agit en faveur de ceux qui souffrent. Elle a emmené même Jésus à opérer un miracle alors qu’elle savait bien que son heure n’était pas encore arrivée. Grâce à elle, ces deux mariés ont évité un moment de souffrance que les moqueries et les rires auraient provoqué, eu égard à cette pénurie de pain», a ajouté l’évêque de Saint-Louis.
Le religieux n’a pas manqué de revenir sur les souffrances des Sénégalais. Aussi a-t-il rendu un vibrant hommage à tous ceux qui travaillent dans les structures sanitaires, car ils sont en contact permanent avec des gens qui subissent des souffrances de toutes sortes. Selon lui, il n’est pas possible d’énumérer toutes nos souffrances, mais il est bien d’en noter quelques-unes.
abciss@lequotidien.sn

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