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C’est officiel. Après 11 ans de conception, l’album anthologie de Samba Diabaré est sorti. C’est un tri des 11 meilleurs classiques du xalam et un bonus trac détaillant l’histoire de cet instrument. A en croire Dr Massamba Guèye, cette anthologie est le début d’une longue série qui vise «à nous faire réapproprier notre culture». Dr Guèye qui se désole du fait que «nous sommes des névrosés culturels».

«Au Sénégal, on attend souvent la disparition de nos illustres fils pour leur rendre hommage.» Ce constat ne va certainement pas s’appliquer à Samba Diabaré Samb. En effet, un album anthologie lui est dédié. En préparation depuis 2006, cette production de onze titres est un tri des meilleures chansons du virtuose.  Il est sorti officiellement hier lors de la célébration de la fête de la musique. Un livret retraçant, dans un premier temps, la vie de Samba Diabaré Samb et expliquant, dans un second temps, les textes des 11 morceaux, est incorporé dans le coffret de l’album.  «Ce livret explique pourquoi Samba Diabaré Samb chante en peulh alors qu’il est wolof», informe-t-on. Un bonus trac intitulé l’histoire du xalam est offert dans le Cd. Il explique, comme son nom l’indique, l’histoire du xalam.
Pour Dr Massamba Guèye de la Maison de l’oralité, cet hommage est le premier d’une longue série. «Nous avons tous besoin de savoir d’où viennent nos instruments mais raconter par un maitre comme Samba Dia­baré Samb qui a presque 100 ans aujourd’hui, je pense que c’est exceptionnel pour les journalistes, les chercheurs et pour nos enfants dans les écoles», a dit le Dr Massamba Guèye pour expliquer le caractère pédagogique de cette anthologie.  Sous la direction musicale de Aziz Dieng, ce best of a été conçu pendant 11 bonnes années. «Cet album vous l’avez en 2017 mais nous avons commencé le travail en 2006. Cette même année un comité a été mis en place pour rendre hommage à Samba Diabaré Samb au Théâtre national Daniel  Sorano. Cela fait 11ans que les prises de voix ont été faites», a informé Dr Guèye.  Qui explique que cette anthologie est le début d’une série qui vise «à nous faire réapproprier notre culture». De Boucounta Ndiaye à Khar Mbaye Madiaga en passant par l’Ucas bande de Sédhiou, Xalam 2, Dr Massamba Guèye estime qu’il «faut regrouper les chants de Baak, de Lawaane, et de Pékane» pour un projet similaire. Car, il y va de notre survie, d’après l’artiste-conteur. «Aujourd’hui nous sommes des névrosés culturels. Nous réfléchissons comme des Occidentaux et vivons comme des Africains parce que nous n’avons pas une base culturelle». Cela est le résultat, selon Massamba Guèye, d’une désinvolture à notre culture. Il est d’avis qu’une «renaissance de la Direction des archives culturelles serait une bonne chose mais il faut d’abord avoir des archives. Il nous faut un budget pour produire ces livres-là, Cd et films car nos enfants en tapant Sénégal doivent tomber sur ce contenu sinon ils iront vers autre chose. Le seul frein, c’est l’argent si on a le budget».
mgaye@lequotidien.sn

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