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06 février 2009 – 06 février 2019 : voilà 10 ans nous quittait Boubacar Joseph Ndiaye. Un 10e anniversaire que l’Ile de Gorée et sa Mairie veulent célébrer à la dimension du disparu.
C’est ainsi qu’à partir de ce 6 février 2019, jour du 10e anniversaire de la disparition du conservateur de la Maison des esclaves et ancien dirigeant de l’Us Gorée, une série d’activités est prévue en son hommage.
Ce matin dans l’île, récitation publique du Saint Coran pour le repos de son âme à partir de 10h 30, suivie d’une communication du maire, Me Augustin Senghor par ailleurs président de l’Us Gorée. Ce vendredi matin, déplacement à Cambérène des Goréens et parents qui vont se recueillir sur sa tombe. Une Messe de requiem est prévue le dimanche 10 février en l’Eglise Saint Charles de Gorée.
Ce programme de lancement sera le premier acte de cet hommage qui va se poursuivre tout au long de l’année, avec une série de manifestations. A savoir des mémoriaux sportifs en foot, natation, basket et pétanque, des conférences sur la vie et l’œuvre du défunt, projection et audition de films vidéo et sonores, concerts d’hommage, finalisation du projet du bateau négrier etc. La fête du 4 avril et le Gorée Diaspora Festival seront les moments forts de cette commémoration.
Boubacar Joseph Ndiaye, conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, et qui a largement contribué à la sauvegarde de ce sanctuaire, est décédé dans la capitale sénégalaise à l’âge de 86 ans. Celui que les insulaires appellent «Pa Joe» a été l’artisan principal de la défense de la mémoire de la traite atlantique, l’homme le plus fervent et le plus constant contre tout révisionnisme sur la traite des esclaves, qui a duré plusieurs siècles entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques avec la déportation de plusieurs millions d’Africains, à partir de Gorée notamment.
Ancien dirigeant de l’Us Gorée, il assumait depuis plus de 40 ans les fonctions de conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, en narrant pour les visiteurs les grandes lignes de la traite négrière dont il avait décidé de “parler toute sa vie”.
Né en 1922 à Rufisque, Joseph Boubacar Ndiaye a fait ses études primaires à Gorée, puis les a poursuivies à l’Ecole professionnelle Pinet-Laprade de Dakar. Appelé sous les drapeaux dans l’Armée française en 1943-1945, il a participé à la libération de la France avec la première armée française en prenant part à la Bataille du Mont-Cassin en tant que tirailleur sénégalais. Ancien combattant, il a servi dans la première Brigade de l’armée coloniale française des Chasseurs et Parachutistes au Moyen-Orient.
Boubacar Joseph Ndiaye a accumulé les hommages de son pays : Officier de l’Ordre national du Lion, Chevalier de l’Ordre national du Mérite, et des distinctions à travers le monde. C’est ce monument de l’histoire de l’esclavage que l’île de Gorée et son maire tiennent à rendre hommage.
ambodji@lequotidien.sn

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