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Dix-sept ans après sa mort, autorités étatiques et religieuses, amis et parents ont pu découvrir hier au cimetière de Bel-Air une des facettes du Président Senghor à travers sa relation aux mathématiques et son projet de création d’un Institut de recherches en sciences mathématiques.

Comme chaque année, le 20 décembre est un jour de retrouvailles pour les parents et amis du Président Léopold Sédar Senghor. «Comme l’an dernier, à la même date et bien des années avant, nous nous retrouvons autour de la tombe du poète-Président et il est heureux qu’il en soit ainsi, car tant de choses nous attachent à lui» introduit d’emblée le maître de cérémonie Raphael Ndiaye, directeur général de la Fon­dation Léopold Sédar Senghor. Devant un auditoire composé en grande partie de jeunes, il ajoute : «Léopold Sédar Senghor nous a laissé un legs colossal qu’il importe de découvrir et d’interroger régulièrement.» Raison pour laquelle cette année, les amis de Senghor ont choisi de mettre en lumière la place qu’il accordait aux mathématiques. «Comme chef de l’Etat du Sénégal, je n’ai pas manqué de réformer l’enseignement secondaire et supérieur. J’ai donné la priorité aux mathématique et aux langues classiques (l’arabe, le latin et le grec)», disait Senghor le 13 août 1990 au Maroc, souligne M. Ndiaye. Senghor, ajoute-t-il, rapprochait recherches linguistiques et mathématiques en ce sens qu’il l’a exprimé dès 1969 dans le rapport de politique générale. «Il y a déjà, et nous l’avons vu, un Centre de linguistique appliquée à Dakar. Notre projet est de créer à côté un Institut de recherches sur l’enseignement des mathématiques (Irem)», annonçait le défunt Président. Le projet de cet institut a été préparé, selon M. Ndiaye, avec le Pr Ameth Seydi, agrégé de mathématiques. Dans un rapport de 1988 du chargé de mission auprès de la Fondation Senghor, ce centre est défini comme un centre de recherches, un lieu d’échanges entre mathématiciens d’Afrique et plus largement du tiers-monde. «Le centre devrait recevoir la mission de centraliser et d’organiser toutes les formes de la recherche en mathématique, incluant l’application des mathématiques à toutes les disciplines, spécialement l’économie et la sociologie», explique M. Ndiaye qui a aussi indiqué que sous l’égide de Senghor, le projet prévoyait l’attribution de bourses et de prix aux mathématiciens du tiers-monde et de la diaspora. Tout de même, M. Ndiaye dit «oser l’inspiration» en qualifiant ce projet de «novateur» et de «non abouti». Il souligne que malgré une présence majeure sur la scène politique du Sénégal de 1945 à 1980, Senghor n’a pu réaliser ce projet comme tant d’autres dont le Musée des civilisations noires pour lequel il avait déjà dégagé une assiette de 20ha du côté de la corniche ouest et avait envoyé des personnes en formation au Mexique. Cepen­dant, «le penseur et visionnaire demeure un précurseur et une lumière qui scintille et éclaire les horizons de nos possibles. C’est pourquoi il convient de visiter ses écrits et de les interroger sur de nombreux sujets que sa réflexion prospective a investis», conclut Raphael Ndiaye.
Stagiaire

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