PARTAGER

Il est parti comme il a vécu, c’est-à-dire sans les bruissements et les brillances de ces intellectuels égocentriques qui aiment les flonflons exhibitionnistes et les immodesties vaniteuses.
Hamidou Dia était terriblement humble pour un intellectuel fondamental de sa dimension. Je me délectais goulûment de son exquis commerce intellectuel alors qu’il me promenait dans les méandres éclairés des pensées de Hegel, de Platon et autres Descartes, me guidait à travers les abysses dégagés de Senghor et de Césaire ou quand il m’indiquait les obscurités lumineuses des grandes figures africaines de résistance coloniale pour qui il avait une fascination presqu’obsessionnelle.
A chacune de mes publications, j’attendais et c’était avec une certitude convenue la réaction de cet aîné fécond en idées, généreux en partage intellectuel, mais sans concession ni complicité devant la moindre faute ou altération à l’exigence professionnelle.
Hamidou est parti en nous laissant ce que la vanité existentielle, celle du corps, ce dangereux poids qui rive l’homme aux plaisirs fugaces de la vie, ne peut jamais effacer : l’éternelle splendeur de la richesse de l’esprit et des inestimables nourritures que cet esprit peut receler.
De Hamidou Dia, intellectuel pluriel, on pourra dire du bien, de tout le bien. De biens et de tous les biens qui n’ont rien de matériel et de matérialiste, mais il en restera toujours quelque part l’indicible comme «la nuque est un mystère pour l’œil» pour dévaliser Paul Valéry.
Adieu grand Hamidou, l’intellectuel total ! Que Dieu valide tes prières en t’accueillant dans Son paradis !
Soro DIOP

PARTAGER
Article précédentAdieu Hamidou !
Article suivantLa mort de Hamidou Dia

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here