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Devant le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, représentant le Président Macky Sall à la cérémonie officielle de la 118e édition du Maouloud Al Naby 2019 de Tivaouane, le Khalife général des Tidianes, abordant certaines questions brûlantes de l’heure, a fait un sévère réquisitoire contre «l’homosexualité et la franc-maçonnerie au Sénégal», dénoncé quelques «tares de la société», invité à un «retour aux valeurs cardinales». Serigne Babacar Sy Mansour, qui s’offusque de «l’impunité qui est la sève nourricière» de cette situation, invite l’Etat à prendre ses responsabilités et réclame des sanctions contre les promoteurs de ces contre-valeurs.

Le khalife Serigne Babacar Sy Mansour, le ministre de l’Inté­rieur, Aly Ngouille Ndiaye, et le porte-parole de la famille de Maodo, Serigne Pape Malick Sy, ont insisté sur les mots pour décrire les maux, qui gangrènent le Sénégal. Ces discours font évidemment écho aux enseignements du patriarche Maodo comme le renforcement de la «culture de la cohésion sociale et d’une paix durable au Sénégal et dans le monde». Une façon de rendre hommage à l’Elu de Dieu, Seydina Mohammed (PSL), aussi à El Hadji Malick, l’initiateur du Gamou qui incarnait le modèle prophétique du Meilleur des êtres. Le Khalife Serigne Babacar Sy Mansour qui, d’après bien des fidèles Talibés, «a touché du doigt des maux qui méritent qu’on secoue la société pour lui faire comprendre qu’elle va à la dérive» et qu’«en tant que musulmans il ne faut pas oublier la reddition des comptes qui nous attend», devait revenir sur les «valeurs qui sont en perte de vitesse dans notre société», pointant du doigt les «dérives comportementales», non sans demander à l’Etat de «prendre ses responsabilités» et de «veiller à ce que la loi soit respectée». Des méfaits dont «l’homosexualité» et «certaines façons de faire qui sont en porte-à-faux avec l’islam», notamment par rapport au «mariage qui est une institution vénérable en islam mais est aujourd’hui de plus en plus dévoyé par des pratiques hétérodoxes sur le non-respect, non seulement, du ‘’nombre légal d’épouses’’ mais aussi et surtout des ‘’normes d’union dans le droit islamique que certains foulent aux pied’’, tout en essayant de leur trouver des ‘’alibis’’ ou des ‘’explications fallacieuses’’». A l’en croire, «ces mariages ne respectent pas les normes religieuses. Aujourd’hui les unions se font à tout bout de champs et les enfants qui en naissent subissent souvent les conséquences désastreuses avec des comportements qui laissent à désirer, des enfants de mauvaise vie, effrontés, impudiques, sans scrupule ni pudeur, perdus dans une liberté de mœurs affichée». Aussi, est-il revenu sur «la déférence aux femmes qui doit être notre credo», s’offusquant du fait qu’«il y a trop de liberté dans ce pays». Il invite le Peuple à se libérer par la prise de parole, dans la paix, de ses responsabilités, pour dresser une observation sur les questions de l’heure et y apporter des solutions, sinon les éradiquer d’une manière totale. «Il nous faut faire notre propre intros­pection», conseillera Serigne Babacar, avant de s’offusquer de la «démission, la fuite de responsabilités des responsables de famille quant à l’éducation des enfants». Une injonction du Khalife général qui a égrené un chapelet de maux par rapport surtout aux «déviations de la jeunesse», aux «péchés d’association», liés, dira-t-il, à un «non-respect des dispositions légales». D’où sa demande à l’Etat de «sévir». Outre un appel et un rappel à une «remise en cause», à la «réforme sociale» pour que les gens se conforment davantage aux préceptes du Saint-Coran, et au «culte exclusif voué à Allah». Parce que, pense-t-il, «la solution de ces maux revient à la famille ou à l’individu en personne».

Appel à l’Etat
Face aux proportions inquiétantes que prennent ces phénomènes de société comme l’homosexualité et la franc-maçonnerie au Sénégal, le Cheikh de Tivaouane interpelle l’Etat sur les «dispositions» à prendre, pour agir dans les meilleurs délais et mettre un terme à «l’impunité», à un «certain laisser-aller», «laisser-faire dans ce pays». Et il souligne : «Dans cette sphère d’homosexualité, de franc-maçonnerie, la responsabilité de l’Etat est engagée. Ces fléaux gangrènent notre société et personne ne pipe mot, tout se passe comme le plus normalement du monde.» Seri­gne Mbaye Babacar Sy Mansour dit avoir interpellé le ministre de l’Intérieur, car, explique-t-il, «c’est une affaire qui le concerne directement. Il doit prendre ses responsabilités pour libérer les populations de ces maux». Dans un discours de haute portée, plein d’enseignements, rappelant aux fidèles leurs devoirs par rapport au Saint-Coran, à l’enseignement religieux, le Khalife général appelle à «la détermination de tout un chacun pour combattre avec la dernière énergie ces phénomènes de société qui se développent sans commune mesure dans ce pays». Il insiste sur l’interdiction de certaines scènes obscènes, «avec des pratiques dont on dit culturelles mais qui en réalité ne répondent pas aux normes de bonnes mœurs».
Le Khalife général des Tidianes a par ailleurs réitéré son plaidoyer pour «l’équipement et le relèvement du plateau technique de l’hôpital Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh de Tivaouane». Selon lui, «l’existence de cette structure sanitaire se résume qu’à la construction de bâtiments, mais il est sans médecins ni personnel soignant qualifié ni équipements ni médicaments, donc sans accompagnement. C’est un hôpital dépourvu de tout ou presque». Le khalife des Tidianes demande à l’Etat de «nous aider à relever son plateau médical par l’augmentation de sa subvention, le déploiement d’un personnel de santé spécialisé mais aussi la dotation d’équipements, la santé constituant aujourd’hui un enjeu vital pour la vie humaine». Serigne Babacar a aussi alerté sur le réseau d’assainissement de la cité religieuse, qui attend son extension d’urgence, annoncé l’achèvement de la Grande mosquée de Tivaouane après le Gamou.

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