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Des manifestants hongkongais dénoncent le recul des libertés et les ingérences du régime communiste.

L’exécutif local a annoncé des aides au pouvoir d’achat pour un montant avoisinant les 2,2 milliards d’euros. La Chine maintient une pression militaire.

Hong Kong lâche du lest aux manifestants. Le gouvernement de l’ex-colonie britannique a annoncé hier des mesures de soutien au pouvoir d’achat d’un montant de 19,1 milliards de dollars de Hong Kong (environ 2,2 milliards d’euros), dont des exemptions fiscales pour les petites entreprises, des aides plus généreuses pour les étudiants ainsi que pour les ménages aux bas revenus. Selon le secrétaire aux Finances de Hong Kong, Paul Chan, la croissance économique hongkongaise devrait caler cette année, fluctuant dans une fourchette comprise entre zéro et 1 %, son pire niveau depuis 2009, dans la foulée de la crise financière. Le gouvernement tablait jusqu’à présent sur une croissance comprise entre 2 à 3 % pour 2019.
«En raison des dernières évolutions sur le territoire et de notre évaluation des perspectives, l’économie de Hong Kong va faire face à un environnement difficile pour le reste de l’année», a déclaré Paul Chan. Les secteurs de la vente au détail et du tourisme ont été particulièrement affectés par la baisse de l’afflux des touristes. A l’inverse, le marché de l’immobilier reste solide. Le secrétaire aux Finances a annoncé une série de mesures dont des exemptions fiscales pour les petites entreprises, des aides plus généreuses pour les étudiants ainsi que pour les ménages aux bas revenus.

L’exécutif local change de braquet
Ces gestes budgétaires semblent destinés à gagner la sympathie d’une partie des Hongkongais excédés par la paralysie de la ville-Etat. Paul Chan a toutefois nié tout lien avec le mouvement de contestation, affirmant que ces mesures visaient à «faire face aux difficultés économiques que nous traversons». La semaine dernière, la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lame, avait exclu toute concession aux manifestants pro-démocratie.
Selon ce qu’a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse, hier, le régime de Xi Jinping a massé des Forces de l’ordre à quelques kilomètres de la frontière de l’ancienne colonie britannique. Dans le même temps, Donald Trump a appelé la Chine à agir «avec humanité» face aux manifestations.
«Pékin ne restera pas les bras croisés» si la situation devient «incontrôlable», a averti de son côté hier l’ambassadeur de Chine à Londres, Liu Xiaoming. Après deux mois d’agitation à Hong Kong contre l’exécutif pro-Pékin, des hommes en treillis étaient massés jeudi dans un stade de Shenzhen, la métropole située aux portes du territoire autonome. Un reporter de l’Agence France-Presse a aperçu également des camions ainsi que des blindés de transport de troupes.

«En Chine, des millions d’emplois disparaissent»
Les hommes, appartenant apparemment à la police militaire, défilaient en rangs serrés, brandissant des drapeaux rouges ou s’entraînaient à la course à pied, alors que d’autres circulaient à moto à l’extérieur du stade, situé à moins de 7 km de la frontière. La raison de leur présence au stade n’est pas connue, mais Pékin a laissé planer ces derniers jours le spectre d’une intervention pour rétablir l’ordre dans l’ex-colonie, les médias de Pékin diffusant des vidéos montrant des convois militaires se dirigeant vers Shenzhen.
Face au risque d’intervention, le Président américain a mis la pression sur la Chine en liant deux dossiers brûlants : la crise à Hong Kong et les négociations commerciales. «En Chine, des millions d’emplois disparaissent pour aller dans des pays qui ne sont pas sujets aux taxes douanières. Des milliers d’entreprises quittent le pays. Bien sûr que la Chine veut passer un accord (avec les Etats-Unis, Ndlr). Qu’ils travaillent avec humanité avec Hong Kong d’abord !», a-t-il mis en garde.
Le mouvement pro-démocratie, qui a vu des millions de personnes descendre dans les rues, est parti début juin du rejet d’un projet de loi hongkongais autorisant les extraditions vers la Chine. Il a depuis considérablement élargi ses revendications pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences du régime communiste.
lepoint.fr

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