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Le Centre cardio-pédiatrique Cuemo de l’hôpital Fann va procéder la semaine prochaine à des opérations chirurgicales de trois enfants venus express du Liberia. Atteints d’insuffisance mitrale, ils vont bénéficier des soins au Ccpc. Cette action est le fruit d’un partenariat entre différents acteurs dont la Chaîne de l’espoir. Le Ccpc, qui est devenu une structure de référence, s’ouvre ainsi à la sous-région.

Le Centre cardio-pédiatrique Cuemo (Ccpc) de l’hôpital Fann s’ouvre à la sous-région. Il accueille trois jeunes Libériens, deux filles de deux et trois ans, et un garçon de deux ans. Ces enfants, atteints de cardiopathie, plus précisément d’insuffisance mitrale, sont accompagnés de leur pédiatre, Dr Sia Wata Camanor, et de leurs parents. Ils bénéficieront d’une chirurgie cardiaque au sein du Ccpc. L’équipe médicale, pilotée par Pr Gabriel Ciss, chirurgien sénior au Centre Cuemo, est d’attaque et déjà les trois enfants ont commencé leurs consultations en attendant les interventions chirurgicales.
Le transfert des trois patients s’est fait grâce à la Chaîne de l’espoir qui a développé un partenariat multipartite public-privé entre l’hôpital public John F. Kennedy de Monrovia, le Centre hospitalier national universitaire de Dakar et la Fondation Cuemo. Ce n’est pas la première fois que le Ccpc reçoive des malades de la sous-région. «Nous avons reçu des Maliens, des Guinéens et nous envisageons de signer encore des conventions avec le Rwanda et d’autres pays d’Afrique», révèle fier le directeur de l’hôpital de Fann, Cheikh Tacko Diop.
Le Centre cardio-pédiatrique peut se vanter de son bilan après deux ans de fonctionnement : il a procédé à 282 interventions chirurgicales. «Nous avons un taux de succès qui n’a rien à envier aux structures européennes», se vante Dr Dreyfus, chirurgien cardiaque au Ccpc. D’ailleurs, renforce Dr Salman Ba, chirurgien-cardiaque, le taux de mortalité est de seulement 3,4%, largement en deçà du seuil de mortalité acceptable, fixé à 5%. Le Ccpc est aujourd’hui une structure de référence, car de plus en plus «nos collègues cardiologues dans les régions nous réfèrent des cas. Avant le centre, les enfants malades du cœur n’avaient que deux options : soit on les laisser mourir soit on les évacue à l’extérieur», indique Dr Arame Diagne, cardio-pédiatre au Ccpc.
Aujourd’hui, le Ccpc offre une seconde chance à tous ces malades. Malgré cette embellie et cet espoir qui renaît, il existe des freins, constate Dr Dreyfus. «Nous voudrions que l’Etat du Sénégal donne plus de moyens et plus vite», souhaite-t-il. Faut-il le rappeler, le gouvernement s’est engagé cette année à prendre en charge 50 enfants malades et 100 pour l’année prochaine. Des efforts certes, mais il faut plus puisque le centre fonctionne avec un seul bloc opératoire. «Ce qui limite les interventions», note Dr Diop. Parmi les obstacles aussi, il faut y ajouter le statut social des malades. «Ils sont issus de familles modestes et ne parviennent pas à payer les 3,5 millions nécessaires pour la prise en charge. Les familles donnent ce qu’elles peuvent. Parfois, c’est 100, 200 tout au plus 500 mille francs Cfa», soutient le directeur de l’hôpital. De ce fait, le centre est obligé de chercher des partenaires pour financer le reste des frais et la prise en charge.
Le centre offre aussi aux malades et à leur famille une maison des enfants. Un cadre agréable qui sert d’accueil aux patients qui viennent des régions ou de l’étranger. «On leur offre un séjour avant qu’ils ne se fassent opérer et aussi après l’opération le temps de la convalescence», souligne encore Cheikh Tacko Diop.
ndieng@lequotidien.sn

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