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Léon Bassène, artiste-compositeur, chanteur sénégalais basé à New York, est revenu au bercail pour une semaine. Une période durant laquelle il multiplie ses activités pour être plus connu des Sénégalais. A l’image de Akon, il veut porter haut le flambeau du Sénégal.

Quelle est votre histoire avec le Hip-hop ? 
Je suis né en Casamance. J’ai commencé la musique depuis ma tendre enfance. Dès mon arrivée à Dakar, j’avais formé un groupe du nom de Suprême Kaadu Magg avec un ami qui s’appelle Ombré Zion. Un artiste qu’on ne présente plus. Nous produisions de belles œuvres avant que je n’eus l’occasion de partir aux Etats-Unis. A mon départ, il a continué son propre chemin. Et les autres artistes qui étaient dans le groupe ont fait de même.

Actuellement  vous touchez presque à tout. Vous êtes auteur-compositeur. Et vous faites aussi du R&b, de la Pop, du World Music, House Music et du Reggae. Comment en êtes-vous arrivé là ?
Je suis curieux, quelqu’un qui a une ouverture d’esprit. Je veux qu’il y ait de la diversité dans tous mes produits. Tous les genres musicaux m’intéressent, car la musique c’est ma passion. Et le R&b est ma préférence. Cependant, nous sommes dans une période où l’Afro-Pop domine la scène. Heureusement, c’est un genre musical qui est à ma portée.  Et mon rêve a toujours été de faire une musique qui  fusionne la culture africaine et américaine. Avec l’Afro-Pop, c’est plus facile d’y arriver en apportant ma touche personnelle (sonorités  de la culture diola). Donc, actuellement, je me focalise sur ce genre musical à travers lequel je montre ma culture et mon origine. A titre illustratif, dans tous mes clips vidéo, le drapeau du Sénégal est brandi pour montrer au monde entier que je suis un Sénégalais et fier de l’être. Je fais quand même partie des Sénégalais qui représentent le pays sur le plan international.

Vous avez combien d’albums ?  
Je n’ai pas encore sorti un album. Mais j’ai mis sur le marché des singles dans lesquels j’ai fait des featuring  avec des artistes afro-latinos, américains, entre autres. Je suis en phase de création de singles. Le prochain  est très attendu. Lequel aura certainement un succès plané­taire. Dans le monde actuel, ce n’est pas nécessaire de sortir un album. Car, les albums ne se vendent plus à cause des nouvelles plateformes et systèmes de téléchargement.

Malgré votre talent, vous êtes méconnu du public sénégalais. Com­ment expliquez-vous cela ?
Parce que je ne viens pas régulièrement ici. C’est l’une des raisons pour lesquelles  j’ai pris l’initiative d’effectuer ce voyage. En ce moment, durant toute la semaine je vais faire des rencontres avec la presse. Ce, pour faire  le maximum de bruit. Ceux qui ne me connaissent pas encore auront ainsi l’occasion de me découvrir. Ça commence bien et ce n’est que le début. Car j’aimerais avoir une base (de popularité) solide au Sénégal. Et je tiens à vous annoncer que je suis l’invité d’honneur du Grand Rendez-vous de la Casamance. Cet événement socio-culturel qui en est à sa 4ème est organisé pour collecter des fonds en guise d’apporter de l’aide aux villages casamançais qui sont dans le besoin.  Ce projet me tient à cœur depuis qu’on me l’a présenté.  C’est pour cela que je suis très déterminé à apporter ma contribution.

 Quels sont vos projets ?
Présentement, je  profite de ma présence au Sénégal pour faire la promotion de la sortie de mon prochain  single qui s’appelle Isabella, une chanson que j’ai faite avec Dj Awadi. Nous y travaillons actuellement. D’ailleurs, le clip est déjà tourné au Lac Rose où on s’est bien amusés.  C’est un son Afro-pop que je voulais tourner en Casamance pour refléter le paysage et le mode de vie de cette localité. Mais comme le temps ne m’est pas favorable, j’ai préféré chercher un lieu plus proche et qui ressemble à Casamance. C’est Lamine Makan Ji, un chanteur talentueux, qui m’a proposé de choisir entre Lac Rose et le Parc de Hann. Et finalement, Lac Rose a été choisi. Je suis impatient de voir la sortie du clip et de le partager avec le public. Après cela, nous prévoyons une tournée internationale (Australie, Portugal, Japon…) Et je compte revenir au Sénégal au mois de décembre pour une tournée nationale.

Vous chantez généralement en anglais. Pourquoi avez-vous porté votre choix sur cette langue ?
Je chante aussi en wolof, en diola, en espagnol, mais je chante plus en anglais parce que je me considère comme un citoyen du monde. C’est vrai que toutes les langues se valent mais celle des Britanniques est universelle. Partout où tu vas, tu pourras véhiculer ton message. Je ne le dis pas pour dénigrer les autres langues. Moi je suis diola j’en suis fier, mais la langue diola, tout comme le wolof, est une langue locale. Alors que moi, citoyen du monde, je veux que mes  messages soient perçus par tout le monde et que mes idées soient partagées dans le monde entier.

Comment voyez-vous le rap sénégalais ?  
Il y a du talent. La nouvelle  génération fait des productions de qualité. Je peux citer Ngaaka Blindé, Deep Doundou Guis, Jahman,  entre autres. Mais il leur faut une certaine ouverture sur le marché international. Le talent est là, mais on a l’impression qu’ils sont dans un box.

Qu’est-ce qui manque concrè­tement ?
Je ne sais pas exactement. Je ne saurais le dire. Peut-être qu’ils ne se renseignent pas. Je pense qu’ils doivent chercher d’autres directions. Moi par exemple,  je suis né et j’ai grandi ici, mais grâce aux mélodies que je compose et le choix de mon style musical, je parviens à exporter ma musique.

Où est Akon ?
(Rires…) Akon, c’est une personne que je souhaite rencontrer, mais l’occasion ne s’est pas encore présentée. Je garde l’espoir qu’un jour il sera intéressé par mon travail. Parce que je souhaiterais lui soumettre mes projets pour qu’on y travaille ensemble. Il a fait son chemin et a marqué son temps. Maintenant, c’est à nous, la nouvelle génération, de prendre la relève. Je sais que je ne suis pas le seul, mais en tout cas, moi, je suis prêt pour cela. Et j’aimerais bien qu’il m’entende. Parce qu’actuellement, c’est le temps de l’Afrique. Le Nigeria et la Jamaïque brillent à travers leur musique. Donc, pourquoi pas le Sénégal ? Les artistes sénégalais sont talentueux, il faut donc réfléchir sur les voies et moyens pour que la musique sénégalaise fasse feu et flamme partout dans le monde.

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