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La deuxième édition du Festival «Lahal fedde» a Pété a été rehaussée par la présence du rappeur Wizaby Abidine. Une présence perçue par les populations de la localité comme le retour du fils prodige. Le rappeur a pour l’occasion retracé pour «Le Quotidien» ses premiers pas dans le hip-hop, son intégration dans le mouvement à Dakar et ses succès.

C’est en 2014, alors qu’il était élève au lycée de Pété, que celui qui est aujourd’hui le porte-flambeau du hip-hop pulaar, Wizaby a commencé à rapper. D’abord, ses scènes sont les petites fêtes de quartier, les «khoumbeul» dans la ville et il ne ratait aucun concert à Pété et en dehors. Quelques mois après avoir chopé le virus du hip-hop, Zaine El Abidine Tidjanih Sy, de son vrai nom, remporte le prix de la compétition Superstar, et deux ans après il sort vainqueur de la compétition «Rap pulaar» à Méry (Fouta). Son succès précoce dans la musique, il le doit en grande partie à sa mère, car celle-ci aimait écouter le rap américain. Le rappeur informe qu’«entre 2004 et 2005, ma maman m’a fait découvrir la musique rap à travers les albums de Eminem, Jay-Z ou 50 Cent. Et même si je ne comprenais pas les paroles, la musique me faisait vibrer». Chemin faisant, une fois au lycée en classe de seconde, le rappeur s’est totalement lancé dans la musique. Ses parents, surtout sa mère, étaient intransigeants sur la question. «C’était hors de question d’abandonner les études pour me consacrer à la musique.»

L’école de la banlieue dakaroise
Durant ses dernières années au lycée, le rappeur de Pété s’est fait connaître dans le département de Podor et à Matam. En 2016, c’est la réussite au Bac qui l’amène à Dakar pour des études supérieures à l’Ucad. Ce changement de vie ne le détourne pas de sa passion. Au contraire, c‘est plutôt une belle occasion pour se frotter au microcosme du rap de la banlieue dakaroise. «Je me suis rendu compte que le hip-hop était un mouvement très structuré et je me suis mis à me former et m’auto-former en écoutant des old school comme Matador, Fou Malade, Jojo du YatFu, à parler du hip-hop.» Dans la foulée, le jeune Wizaby s’est beaucoup documenté pour comprendre davantage le rap en participant à des conférences, des panels sur le hip-hop, car pour lui «une grande connaissance du hip-hop est une exigence». En outre, il choisit de fréquenter des ténors du milieu hip-hop sénégalais comme Seuss Reuk, Maxi Krezy et d’autres qui ont eu à faire beaucoup de recherches sur le mouvement. Loin de son public du Fouta, le rappeur a très tôt compris qu’il fallait travailler sa technique pour séduire le public de Dakar plus exigeant. Malgré tout, l’enfant de Pété n’a jamais pensé abandonner le pulaar, sa langue de prédilection pour rapper. Même s’il savait déjà la difficulté de se faire connaître sur la scène hip-hop. «C’était difficile pour un artiste qui est habitué à un public qui me comprenait ‘’lyricalement’’. Et pour dire vrai, mes débuts à Dakar c’était un peu gênant, car je me sentais mal compris», avoue-t-il. Qu’à cela ne tienne, armé de patience et de persévérance, le rappeur a eu à côtoyer des ténors pour comprendre qu’il pouvait devenir une célébrité dans la musique en continuant à rapper en pulaar. C’est après ça que Wizaby s’est rappelé que là d’où il vient, le Fouta, des chansons de Bob Marley et des rappeurs américains font vibrer des mélomanes sans que ces derniers ne comprennent l’anglais. Ainsi, l’enfant de Pété commençait quelques mois après à dompter le public dakarois. En 2017, il sort vainqueur de la compétition Kanko jey initiée par la Radiotélévision Fulbé. L’année suivante, un autre succès s’ajoute à sa carrière, car il remporte la compétition Fuuta pulaar hip-hop organisée au centre culturel Blaise Senghor.

Enracinement et ouverture
Ses formations et fréquentations ont été la source de ses succès et le rappeur choisit d’allier enracinement et ouverture. Une ouverture qui lui permettra d’acquérir un public multicolore. Pour cela, il fallait passer par une compétition qui met en jeu des rappeurs d’origines diverses. Sa 3e participation à la compétition du «Flow up» sera la bonne. Il est sacré vainqueur de la 7ème édition, organisée en février 2020. La cérémonie de remise des prix, prévue en mars, n’a pu se tenir avec le Covid-19. Malgré ces aléas, Wizaby programme d’organiser un concert à Pété pour, dit-il, «honorer le public qui a cru en moi dès le début et lui dédier ce prix». Le rappeur ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, car son premier album est en phase terminale et le public aura droit à un avant-goût au début de janvier avec le single Ala kaw hoto lawa. «J’avais un programme alléchant à Dakar et au Fouta, mais c’est la pandémie du coronavirus qui a freiné notre élan. Mais tout est calé. On attend que les spectacles reprennent pour démarrer ces activités», révèle le lauréat du «Flow up» 2019. Désireux de faire de la sortie de son premier album un événement national, le rappeur et son staff prennent leur mal en patience, car l’album est fin prêt, mais l’interdiction des spectacles demeure. A Pété, celui qui est devenu la fierté du hip-hop foutanké a fait le tour des radios communautaires du département. Avec les rappeurs et animateurs de rap de la zone, il a programmé une série de concerts pour la promotion de l’album.

1 COMMENTAIRE

  1. Wizaby est cordialement une grande fierté pour nous foutankés
    Ce n’est pas évident. Son amour et son affection pour le fouta fait qu’aujourd’hui le monde est entrain de te sourire. Le fouta est fier de toi très cher Wizaby. Force à toi le meilleur reste à venir. Avec Wizaby pour un disque d’or inchallah.

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